Mardi 11 juillet 2006

 La Révolution au Venezuela,

 en route vers le Socialisme !


 


Le Venezuela est un pays du nord de l’Amérique du Sud, bordé par la Colombie et le Brésil. C’est un vaste pays aux ressources naturelles importantes, gros producteur de pétrole, produisant une grosse part des importations américaines. Depuis 1998 et l’élection démocratique d’Hugo Chavez à la présidence de la République, le Venezuela est entrée dans la « révolution bolivarienne » (du nom de Simon Bolivar, le libertador, qui a émancipé les colonies de la couronne espagnole). Des nationalisations (sous contrôle ouvrier), une expansion des services publics, mais surtout une nouvelle constitution démocratique pour le pays ont été réalisés. C’est un pays qui marche vers le Socialisme, même si, pour le moment, on ne peut pas encore parler de « régime socialiste » dans ce pays. Mais ce qui nous intéresse particulièrement dans notre visée de transformation de la société c’est le fait que cette révolution est pleinement démocratique, et que c’est au contraire les forces capitalistes qui cherchent à déstabiliser la démocratie. Derrière elles, le soutien de toutes les grandes puissances impérialistes


  1. I - Historique de la révolution bolivarienne


La révolution bolivarienne tire ses sources des mouvements sociaux violemment réprimés en 1989. Une partie des forces armées (le rôle des forces armées est très important dans tout le processus révolutionnaire) soutient alors le peuple, leur meneur est un certain Hugo Chavez, issu du peuple. En 1992, il tente un putsch contre la droite réactionnaire et corrompue qui dirige le pays. C’est un échec, et le mouvement révolutionnaire tient une de ses faiblesses de ce passé trouble. Certains « trotskistes » tendant même à refuser encore Chavez pour son appartenance ancienne à l’armée et ce putsch.

Cependant, c’est démocratiquement que Chavez devient président en 1998, contre la candidate de la droite, Miss Univers, que soutenait l’ensemble des média. Chavez est élu avec 60% des voix.


  1. II - Contenus : une révolution nationale-démocratique évoluant aujourd’hui vers le socialisme


La constitution bolivarienne a été Approuvée par référendum, rédigée par une assemblée constituante. Elle est intéressante à comparer avec la Constitution européenne. Elle étend les droits des travailleurs au moins sur le papier, en proclamant le droit au travail, l’égalité hommes/femmes, la journée de 8 heures, etc. Mais au niveau politique, elle instaure notamment une possibilité de référendum révocatoire.

Article 72. Toutes les charges et magistratures de l'élection populaire sont révocables.
Passée la moitié de la période à laquelle a été élu le ou la fonctionnaire, un nombre qui ne peut être inférieur à vingt pour cent des électeurs ou électrices inscrit(e) s dans la circonscription correspondante pourra solliciter la convocation d'un référendum pour révoquer son mandat…

Mais le gouvernement bolivarien a aussi pris des mesures immédiates : augmentation du budget du système éducatif et introduction de la gratuité de l’école (+ 1 000 000 d’enfants scolarisés), ouverture de 3000 « écoles bolivariennes » qui proposent à tous des activités culturelles ou parascolaires… Des services publics ont été créés ou améliorés : irrigation, ramassage d’ordures… Les squatters, nombreux, sont confortés dans leurs droits. Jusque là, le programme de Chavez n’avait en soi rien de révolutionnaire (juste un réformisme véritable, et une volonté de renforcer la démocratie), mais une vague de mobilisation populaire a éclaté. Près de 10 000 cercles bolivariens se sont formés dans tout le pays, formant une sorte de « démocratie directe », un pouvoir populaire venant de la base.

Au nom du renforcement de la « souveraineté nationale » (mais il faut voir l’importance de ce concept en Amérique Latine écrasée par l’hégémonie américaine), Chavez a pris des mesures contre les dirigeants corrompus de la PDVSA, la grande industrie pétrolière du pays. Elle est une entreprise d’Etat, dans laquelle il a été remis de l’ordre, et qui a une importance économique énorme dans le pays.

Peu à peu, Chavez évolue vers le marxisme. L’opposition constante des capitalistes à ses réformes lui fait peu à peu entrevoir qu’on ne peut pas transiger, il faut dépasser le capitalisme. Aucun acquis populaire ne sera définitif dans un système capitalisme, et les références à Marx, à Lénine, fleurissent dans les discours. Les nationalisations sont en route, comme celle de Venapal, une papeterie géante. De même, Chavez a fait voter une loi qui permet aux ouvriers dont les usines ferment de former plus facilement des coopératives pour les remettre en état de marche. Résultat : la production a augmenté dans certaines entreprises. Il voulait simplement développer l’économie, mieux défendre le pays face aux Etats-Unis, et Chavez se retrouve en passe de construire le Socialisme, même si celui-ci semble encore assez flou et idéaliste aux yeux des dirigeants bolivariens.


  1. III - Les menaces


La haine de la classe capitaliste et des puissances impérialistes contre Chavez peut parfois être hystérique.

L’opposition tente en permanence de renverser Chavez, avec l’aide notamment des Etats-Unis. Le 11 avril 2002 a vu une tentative de coup d’Etat mené par des généraux réactionnaires, préparé par la presse, avec un soutien à peine masqué des Etats-Unis. Le palais présidentiel a été encerclé par la troupe. Chavez a été constitué prisonnier et enfermé non loin de la capitale. Quelques heures plus tard, un avion américain se posait à proximité de son lieu de détention. L’AFP a par ailleurs souligné la présence d’officiers américains au QG des putschistes. La télé publique a été privée d’antenne. Les chaînes privées annoncent la démission du président. Dans la journée, des francs tireurs agissant pour les putschistes ouvrent le feu sur les manifestants qui s’étaient déjà réunis. Les média prétendent que la fusillade a été ordonnée par Chavez. Un gouvernement et un président sont nommés, la Constitution suspendue. Les Etats-Unis et l’Espagne reconnaissent le nouveau gouvernement. Mais les jeunes et les travailleurs réagissent. Plusieurs centaines de milliers de manifestants prennent la rue. Ils voulaient voir où se trouvait Chavez. La foule se rassemble devant le palais et les casernes. Finalement, les soldats en faction à l’intérieur du palais présidentiel passent à l’action et arrêtent les membres du gouvernement transitoire. Le 13, Chavez est ramené à Caracas. Le coup d’état a échoué.

Après cela, il aurait été facile de mettre fin au capitalisme dans le pays. Les généraux, les banquiers, les capitalistes étaient tous impliqués dans le complot, et la nationalisation aurait été bien accueillie par la population. Mais Chavez a cherché à se ménager l’opposition. Les anciens dirigeants de la PDVSA ont été rétablis. Aucun militaire n’a été condamné. Du coup, une nouvelle offensive a été tentée.

Le 2 décembre 2002, lock-out (fermeture des usines) et sabotage économique. Cette campagne visait à miner la popularité de Chavez en étranglant l’économie. Des centaines de milliers d’ouvriers sont privés d’emploi, mais les ports sont également bloqués et certaines usines sabordées ! La PDVSA a été la principale cible, elle qui réalise 50% de revenus de l’Etat. Le renversement de Chavez intéresse d’ailleurs sur ce point fortement les américains. Le Venezuela est un des principaux fournisseurs des Etats-Unis. La fin de l’ère Chavez ouvrirait la voie à la privatisation. Les média français ont considéré ce sabotage comme une « grève générale » contre le régime. En fait, ce sont les travailleurs, notamment du secteur pétrolier, qui ont en échec le lock-out. Ils ont réparé ou remplacé les installations sabordées. Organisés méthodiquement, ils ont élu leurs responsables révocables à tout moment, et ont remis en marche les usines. Cette action constitue une preuve cinglante de la capacité des travailleurs à gérer l’outil de production eux-mêmes. La PDVSA est le 5e industrie du continent latino américain, et parmi les 50e industries les plus importantes. Cet exemple pourrait montrer au monde entier comment sortir du capitalisme. Cela explique peut être le silence de la presse bourgeoise et de la clique réformiste de notre pays. Le reste du peuple s’est mobilisé pour protéger les usines de nouveaux actes de sabotage, en concertation avec une partie de l’armée. La déclaration faite par l’opposition d’empêcher l’ouverture des écoles a enflammé le mouvement. Le 23 janvier, deux millions de travailleurs manifestent (c’est « la prise de Caracas »). L’opposition avait cherché à semer la panique en prétendant que les « hordes de Chavez » allaient piller les beaux quartiers. Les armes étaient prêtes. Elle a tout fait pour organiser un face à face violent entre les deux camps. Mais devant le gigantisme de la manifestation, l’opposition a renoncé au lock-out. Notons que dès lors certains syndicats soutiennent l’opposition contre le processus bolivarien, et appellent à la grève les travailleurs. Cet appel est peu suivi. Il y eut alors une scission dans le mouvement syndicale, avec la formation de l’UNT, l’Union Nationale des Travailleurs, bolivarienne, que les syndicats français n’ont pas encore tous reconnu.

Cette fois-ci, Chavez est offensif. Le 20 février, le président du « MEDEF » vénézuélien (Carlos Fernandez) est arrêté. Il sera inculpé de haute trahison. Par ailleurs, le président approfondit la révolution. Des mesures contre la fuite des capitaux sont prises, ainsi qu’un dispositif de contrôle des prix. Il incite les comités populaires à étendre également leur action. Mais la classe bourgeoise conserve l’économie, même si la PDVSA est « nettoyée ». 12 000 techniciens et directeurs proches des saboteurs sont licenciés. Seulement, la structure hiérarchique n’est pas modifiée, alors que les travailleurs ont appris à se gérer eux-mêmes. On pourrait espérer un passage à une vraie gestion démocratique et socialiste de l’industrie. Dans le secteur privé, les capitalistes baissent les salaires et suppriment les congés pour faire rattraper les pertes du lock-out ! Leur cynisme va parfois jusqu’à la fermeture, prétextant de trop grosses pertes consécutives à leur propre lock-out. En février 2003, un congrès syndical demande dans toutes les usines fermées la création de comités ouvriers réclamant la nationalisation.

La Constitution bolivarienne donne la possibilité d’un référendum révocatoire, nous l’avons vu. L’opposition s’en sert, et le gouvernement accorde ce référendum. Le 15 août 2004, avec 90% de participation, près de 60% des électeurs demandent le maintien de Chavez en poste. L’opposition a contesté les résultats. Seulement, il y avait des observateurs internationaux, même américains, et ils n’ont rien trouve à dire. L’organisation du référendum (demandé par l’opposition) était en réalité frauduleuse. Il nécessitait 2.4 millions de signatures. Or, elles n’étaient pas tout à fait obtenues, et en plus il était notoire (de l’aveu même de certains dirigeants de l’opposition) qu’on trouvait nombre de doubles signatures, et aussi des signatures de défunts… Cependant, face aux pressions de Washington, le gouvernement l’a quand même organisé.

En début d’année, aux municipales, les partis pro-Chavez ont obtenu 80% des suffrages. Le Parti Commune Venezuelien est devenu alors le deuxième parti de la capitale. Enfin, il y a quelques jours, l’opposition a choisi de boycotter un scrutin législatif. De l’aveu des observateurs internationaux, on ne comprend pas bien ce retrait, puisque absolument aucune fraude n’a été signalée. La participation a été de 25%, ce qui est une réussite, même si l’opposition se sert de ce chiffre pour crier à la parodie démocratique. En 1992, l’UD (Union Démocratique, centre droit) avait remporté les élections… avec 12% de votants. Personne n’avait trouvé à contester. Mais les capitalistes ne sont démocrates que lorsque ça les arrange.


  1. IV - Perspectives


Depuis le référendum, on observe une accélération du processus. Il y a toujours plus de nationalisations (dont de plus en plus sous contrôles ouvriers, via les coopératives), et une réforme agraire a été entreprise. Il faut dire que le Venezuela possède un énorme potentiel agricole, mais que les capitalistes, propriétaires des terres, n’utilisent pas. En effet, l’industrie est plus rentable. Une grande partie des latifundia sont à l’abandon, alors que le pays doit importer de la nourriture ! Le gouvernement a entrepris une relative redistribution des terres.

Il faut désormais que le mouvement révolutionnaire passe définitivement au Socialisme. Il faudra que l’économie passe sous contrôle total et démocratique des travailleurs, secondés dans un premier temps par l’Etat, et limoger ceux qui soutiennent la contre-révolution dans les forces armées (et donc violant la légalité, qui est du côté, pour une fois, de la révolution) parce que l’opposition finira par avoir raison de la patience des travailleurs, qui ne disposent pas d’une énergie indéfinie… La contre-révolution soutenue par les puissances capitalistes pourrait être terrible. L’instauration d’un régime socialiste dans ce pays serait un message immense envers les travailleurs du monde entier : le Socialisme serait au pouvoir quelque part dans le monde, et démocratiquement… Ce pourrait être aussi pour Cuba une bouffée d’oxygène, qui romprait ainsi son isolement provoqué par les décennies de blocus imposés par les Etats-Unis. Alors, la consolidation du Socialisme dans l’île par une démocratisation du régime deviendrait peut-être enfin possible, grâce à l’internationalisme et le développement des relations entre Etats socialistes. Les conséquences en Amérique du Sud seraient immenses, vus les mouvement progressistes qui peuvent émerger ici et là : Mexique, Uruguay, Bolivie (voir l’arrivée au pouvoir de Morales, et la prochaine nationalisation du gaz), Brésil, Colombie, Argentine. La forte proportion hispanophone aux Etats-Unis pourrait même faire en sorte que l’impulsion progressiste touche la première puissance mondiale en son sein.

par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006

Un appel de « l’Humanité » :
NON A L’ACHARNEMENT REPRESSIF !

AMNISTIE DES JEUNES ANTI-CPE

Pendant deux mois, notre pays a connu une mobilisation exceptionnelle pour exiger le retrait du CPE. Les millions de lycéens, d’étudiants, de salariés engagés dans ce mouvement ont finalement obtenu gain de cause. Or, des milliers de jeunes, interpellés lors des manifestations de ces dernières semaines alors qu’aucun de leurs agissements ne peut être assimilé à un comportement de « casseurs », sont condamnés à la chaîne par les tribunaux. Cet acharnement répressif est d’autant plus inadmissible que les exemples abondent qui révèlent l’injustice et l’arbitraire de ces arrestations et le plus souvent de ces condamnations. Alors que le CPE a vécu, il serait totalement incompréhensible que le pouvoir continue à vouloir faire payer sa défaite aux jeunes engagés dans ce mouvement. Nous demandons l’arrêt de toutes les poursuites engagées contre des jeunes anti-CPE et l’amnistie des peines déjà prononcées à leur encontre.

Premiers signataires : Cédric Clérin (MJC), Razzye Hammadi (MJS), Bruno Julliard (UNEF), Tristan Rouquier (FIDL), Karl Stoeckel (UNL), Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité), Pierre Laurent (directeur de la rédaction de l’Humanité), Nicole Borvo (sénatrice, PCF), Jean-Pierre Dubois (président de la Ligue des droits de l’homme), Maryse Dumas (CGT), Frédéric Dutoit (député, PCF), Fondation Abbé-Pierre,Henri Leclerc (avocat, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme), Dominique Noguères (avocate), Irène Terrel (avocate), Michel Toubiana (président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme)Jean-Jacques de Felice (avocat), Mouloud Aounit (MRAP), Jean-Claude Amara (Droits devant), Jean-Baptiste Eyraud (DAL), Charles Hoarau (comité chômeurs, CGT des Bouches-du-Rhône).

par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006
 

Non à l'homophobie !

Oui à l'adoption, 

Oui au mariage pour tous!



Alors que plusieurs pays européens ont déjà fait le choix de reconnaître une pleine égalité de droits entre couple homosexuel et hétérosexuel, la question en France semble toujours cantonnée à une question obsolète : les homosexuels sont-ils capables d'élever des enfants? Cette question est depuis longtemps tranchée : oui, les couples homosexuels peuvent élever des enfants et en élèvent déjà. En effet près de 200 000 enfants dans notre pays sont élevés par des couples homosexuels en toute légalité mais à la charge d'un des deux parents.

Alors qu'est-ce qui se cache derrière cette question? Une homophobie larvée.

En effet, pour bon nombre de détracteurs du droit d'adoption pour les couples homosexuels, l'homosexualité est un "fléau nuisible pour l'humanité". C'est sur ce constat que des députés UMP tels que Christian Vanneste ou encore Marie-Christine Boutin combattent le droit à l'adoption pour tous les parents. C'est aussi pour cela qu'ils combattent l'accès au mariage civil pour les couples de même sexe.


Pour l'égalité entre tous les citoyens


La lutte contre l'homophobie devra passer par des actes forts qui marqueront les esprits. Pour les jeunes et les étudiants communistes, il n'y a aucune distinction à établir entre tous les citoyens et citoyennes de notre pays. La loi établit des droits et des devoirs pour tous et c'est dans cet esprit que nous devons exiger l'accès au mariage et à l'adoption pour tous.


Alors ensemble combattons l'homophobie

et exigeons l'égalité entre tous!

par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006

Autonomie des jeunes !

Pourquoi ? Comment ?

L'un doit appeler ses parents pour venir le chercher après une soirée parce que les transports en commun ne fonctionnent plus. L'autre est obligé de travailler pour financer ses études, l'autre encore reste chez ses parents par ce qu'il ne peut se payer une chambre.

Tous, jeunes, sommes confrontés au problème de notre autonomie.

Autonomes, nous le sommes dans nos têtes, bien sûr. Mais le problème est de vivre dignement et correctement cette autonomie.Autonomie, ça veut dire mobilité. Ca veut dire une autre politique de transports. Bien des villes de notre département ne sont pas desservies le soir par les transports en commun si bien qu'il devient impossible de sortir en ville. Améliorer la mobilité des jeunes, c'est aussi réduire les coûts des transports pour que, l'on puisse librement sortir, aller au cinéma ou à la bibliothèque.Autonomie, ça veut dire dignité. Quand 800 000 étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études, que 100 000 d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, que certains dépendent des associations caritatives pour se nourrir, on voit bien que notre société a fait le choix de ne pas élever sa jeunesse.

Quand les parents sont obligés de loger ou de subvenir aux besoins de leurs enfants parfois jusqu'à l'âge de 25 ou 30 ans, c'est une bien drôle de société que nous sommes en train de construire.Autonomie, ça veut dire culture et émancipation. C'est pouvoir choisir sa vie, ses études, son travail, ses amitiés et ses amours. C'est avoir accès aux bibliothèques, aux musées, au cinéma, au sport.

Les solutions existent, on les connaît. En certains endroits, elles sont déjà mises en oeuvre :

En France ou en Europe, certaines communes proposent déjà la gratuité des transports. Si des bus de nuit ont effectivement été mis en place, aucun bus ne circule dans certaines communes de l'agglomération lilloise après 21h. Il faut mettre les moyens pour permettre à chacun, jeune ou moins jeune, de ne pas rester chez lui le soir. Dans certains pays européens, en Suède, en Finlande, au Danemark, on considère que faire des études, c'est être utile à la société, qu'il faut donc permettre à chaque jeune en formation de vivre dignement. Suivant leur exemple, il faut lancer un grand plan en faveur du logement étudiant. Il faut augmenter les fonds pour l'aide au logement et mettre en place une allocation d'autonomie de la jeunesse pour permettre aux jeunes de vivre dignement, sans vivre au crochet de leurs parents.

Se battre pour l'autonomie, c'est aussi militer pour que chaque individu puisse faire ses propres choix, qui qu'il soit, c'est donc lutter contre toutes les discriminations, qu'elles soient raciales, ethniques, sociale, sexistes ou politique

par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006
 

Contre la précarité, au-delà du CPE,

construisons ensemble une alternative !



Quel triste spectacle que celui de jeunesse en janvier dernier… On annonçait des centaines de postes en moins, et quelle est la réaction des étudiants ? Descendent-ils, furieux, dans la rue ? Non. Rien ne se passe. En février, c’est au tour de la directive Bolkenstein d’instaurer la précarité partout en Europe, malgré le NON à l’Europe capitaliste de mai dernier. Que font les jeunes ? Rien. Pourtant, déjà, les syndicats et les étudiants communistes sont dans le combat. Qui pouvait espérer, cependant, que quelques semaines après, la France connaîtrait le plus magnifique mouvement social qu’elle ait connu depuis 1995, voire les années 70 ?

Car c’est bien la même jeunesse qui s’est massivement mobilisée contre le CPE. Celle là même dont tout le monde pensait qu’elle n’avait plus de conscience politique, qu’elle ne pensait qu’à son présent sans préparer l’avenir, et que, osons le dire, on croyait soumise.

Cette révolte des étudiants et des lycéens a conduit le gouvernement de droite et le patronat à reculer pour la première fois depuis 2002. Mais n’oublions pas que nous, lycéens, étudiants, ne fûmes pas seuls : seule la grève massive des salariés, conjuguée bien sûr aux efforts de la jeunesse, a pu venir à bout des projets de régression sociale que souhaitait la bourgeoisie française. Outre le retrait du CPE (victoire incontestable), c’est cela le principal acquis de cette lutte : les travailleurs de notre pays ont vu que la grève pouvait vaincre. Gageons qu’ils le retiendront, et que la prochaine fois sera la bonne pour sortir le patronat et ses partis définitivement.


Ce fut une mobilisation de tous les instants. Levés à 5h30, tournée des usines pour informer les salariés sur la réalité de la Loi pour l’ « Egalité » des Chances, actions coup de poing, Assemblées Générales, préparations de manifs… Nous en sommes parfois venus à nous demander si nous étions encore étudiants, ou si notre seule activité était devenue le militantisme, le militantisme pour défendre notre avenir et celui de nos enfants. Occupations nocturnes épuisantes, courses entre partis et syndicats pour obtenir des aides, que les communistes ont été les premiers à fournir, et toujours, expliquer, démontrer, aller parler à chaque citoyen : tel a été le quotidien des jeunes mobilisés pendant presque 3 mois pour certains d’entre eux…


C’est une victoire bien méritée, donc, qu’a obtenue la jeunesse de notre pays. Mais une victoire encore partielle. Le CNE, père du CPE, n’est pas mort. Les communistes en exigent dès maintenant l’abrogation, comme de toutes les contre-réformes Jospin/Raffarin/De Villepin. Au-delà, la Loi pour l’Egalité des Chances doit être entièrement renégociée, il est impensable que la France soit un Etat où le travail de nuit est autorisé pour les enfants de plus de 15 ans, et où l’apprentissage commence dès 14 ans ! Les communistes appellent donc l’ensemble des français à continuer, quelle que soit sa forme, sa lutte contre la Loi pour l’Egalité des Chances, et contre tous les emplois précaires ! Nous nous donnons d’ores et déjà rendez vous le Premier Mai et dans les multiples forums que nous organiserons pour bâtir ensemble des propositions. Il ne faut pas non plus oublier le contrat locatif « prêt à expulser » que vient de pondre notre gouvernement : non seulement l’emploi deviendrait précaire, mais on pourrait, en plus, se trouver à la rue du jour au lendemain… C’est assez ! Nous ne devons pas non plus accepter que des jeunes soient poursuivis parce qu’ils ont participé à ce grand mouvement revendicatif, qui sera sans doute retenu par l’Histoire comme celui du réveil d’un peuple endormi : signons massivement la pétition lancée par l’Humanité, le journal des jeunes et des travailleurs.


Cette lutte contre le CPE est certes une grande victoire du peuple de France. Mais les jeunes ont toutefois appris une autre leçon lors de leurs longs débat (certes, un peu trop arrosés parfois…) : il n’y a pas de lutte contre la précarité sans lutte contre la société globale, contre la société capitaliste. La précarité, la misère, sont inhérentes à cette société dans laquelle nous vivons. Il faut, pour le patron, faire toujours plus de profits, et donc pressuriser toujours plus le salarié. L’objectif du gouvernement, au-delà du CPE, c’était le contrat unique pour tous, la précarité à vie. Les jeunes ont commencé à penser aux alternatives. Ils ont commencé à réfléchir à « comment faire autrement ». Et la réponse est parfois venue de ceux qu’on pensait les moins politisés : « nationalisation des moyens de production, tout le pouvoir aux travailleurs ». Derrière ce slogan apparemment simpliste se cache probablement la clé de nombre de nos problèmes. Ainsi, la jeunesse de notre pays montre le chemin : pour battre définitivement le capitalisme, il faut passer à un régime communiste en France, sans consensus. Alors, dans la rue et dans les urnes, tous ensembles, il est temps, contre la précarité, de bâtir ensemble une alternative ! Rassemblons nous !

 

Xavier Dubois, membre du Conseil National de l’Union des Etudiants Communistes

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