Mardi 11 juillet 2006

 T’as déjà fait un stage ?


Nous sommes presque tous, à un moment donné de notre cursus, amenés à faire un stage. 95% des jeunes diplômés en ont fait au moins un. C’est dire combien cette question nous concerne. Pourtant, dans quelles conditions effectuons-nous ces périodes dites de formation ?

Combien d’entre nous ont touché une rémunération misérable, voire pas de rémunération par rapport au travail fourni ? Combien d’entre nous ont du servir des cafés dans une boîte où tout le monde nous ignorait ? Non rémunérés, non indemnisés, les stagiaires forment une main d’œuvre inépuisable, pris entre injustice collective et impératifs individuels.


Le stage reste un moment important pour nos études. En effet, c’est un premier contact pris avec le monde du travail, un moyen d’appliquer concrètement ce qu’on nous apprend théoriquement sur les bancs de la fac. Pourtant aujourd’hui les stages ne répondent plus à ces enjeux ! Le stagiaire est utilisé par l’entreprise. Des sociétés remplacent un salarié à plein temps par des roulements de stagiaires. Certaines entreprises poussent le vice jusqu'à reposer à 80% sur des stagiaires pour fonctionner. De plus, le temps de travail, la responsabilité assumée et les tâches exercées font voler en éclat l’accord tacite de formation du stagiaire.


Les stagiaires, armée de réserve de l’entreprise, sont utilisés pour développer la concurrence avec les autres employés : ces mécanismes s’inscrivent dans une logique de baisse des coûts et de dévalorisation du travail. La rémunération du stage est laissée au bon vouloir de l’entreprise sans qu’aucune législation ne vienne fixer des règles en la matière. De plus, des exonérations fiscales sont accordées à toutes les entreprises qui emploient un stagiaire à moins de 30% du SMIC. Les stagiaires, armée de réserve de l’entreprise, sont utilisés pour développer la concurrence avec les autres employés, c’est dire à quel point ces mesures sont incitatives !

La situation actuelle des stagiaires découle aussi d’un refus hypocrite des institutions à reconnaître ces problèmes, les écoles et les universités ne défendant pas le droit des stagiaires ! Pour les stagiaires, l’humiliation est aussi psychologique. Face à un échec d’insertion dans le monde du travail, les étudiants sont définitivement bloqués dans un statut d’adolescent face aux entreprises. On assiste à un remplacement des CDD par les stages. Un nombre conséquent d’entreprises profitent du manque de débouchés pour de moins en moins rémunérer les stagiaires, tout en leur demandant d’être aussi productif que les salariés.

Les entreprises profitent d’une manne de main d’œuvre qualifiée, inépuisable et prête a tout pour décrocher un premier travail, même à se faire exploiter.




La réalité est que le fonctionnement actuel mène à un transfert de richesse de l’université, dont on connaît déjà le manque de moyen, vers les entreprises privées.

En fermant les yeux sur les abus répétés des entreprises, sur l’exploitation d’une jeune génération en voie d’insertion professionnelle, le gouvernement cautionne en fait un système qui accentue les inégalités.

 



Il existe pourtant des propositions pour défendre nos droits, et la valeur de nos stages :


1- Inscrire le statut du stagiaire dans le code du travail avec les droits et obligations afférents. La durée du stage doit également être limitée dans le temps. Nous devons faire respecter par les entreprises un délai de carence entre deux stagiaires sur un même poste et instaurer un quota de stagiaires par rapport au nombre de salariés.


2- Faire rentrer le stage dans le cadre légal de la cotisation à la sécurité sociale : Les stagiaires comme les employeurs doivent participer pleinement au fonctionnement du système de protection sociale. Pour permettre au stagiaire de commencer à cotiser pour sa retraite.


3- Exigeons un suivi pédagogique réel : Le stage doit retrouver son caractère pédagogique et favoriser l’insertion des jeunes actifs. Il faut pour cela contrôler l’adéquation du stage avec la formation dispensée, instaurer un tutorat adéquat dans l’entreprise et dans la fac. Evaluer l’apport du stage par rapport à la formation ainsi que la qualité d’accueil et d’encadrement pédagogique.

En soit, créer des ponts entre le monde étudiant et le monde de l’entreprise constitue un intérêt réciproque évident. Mais n’oublions pas que le système universitaire est responsable d’avoir encourager à l’excès la pratique des séjours obligatoires en entreprise, et de ne pas défendre en règle les droits des étudiants. Sous l’effet de la concurrence, de nombreuses filières universitaires se sont lancées à corps perdu dans des politiques de stages à tout va.


4- Exigeons la mise en place d’une rémunération minimum et obligatoire : « Quiconque travail a droit à une rémunération équitable et satisfaisante » art. 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme. La force de travail du stagiaire ne peut continuer à être exploitée.



La proposition de l’Union des étudiants communistes, c’est de créer une loi avec vous, pour les étudiants et l’enseignement supérieur en général :


Le but du processus que nous lançons avec la Loi pour la Réussite dans l’Enseignement Supérieur (LRES) est bien de répondre à la crise que connaissent nos universités.

En cherchant à mieux connaître nos droits a la fac, le système de bourse, les aides au logement,… et en cherchant a mieux connaître les véritables problèmes que nous rencontrons dans notre vie d’étudiant au travers de questionnaires, nous voulons mettre en place un processus d’élaboration d’une loi pour la réussite dans l’enseignement supérieur, qui réponde réellement aux besoins des étudiants.


Il s’agit d’une véritable proposition d’action, ouverte a toute discussion, et pouvant avoir de réelles conséquences sur le système actuel de l’enseignement supérieur.


Nous avons déjà commencé ce travail en constituant six chantiers d’élaboration pour cette Loi :

1- La structuration de l’enseignement supérieur et de l’offre de formation

2- Le système de gouvernance

3- Le système de financement

4- Le système d’aide aux étudiants : conditions de vie et d’étude

5- La citoyenneté a la fac

6- Le lien entre la formation, la qualification assurée par cette formation et l’emploi

par UEC publié dans : Vie étudiante
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Mardi 11 juillet 2006

Frais d'inscription : Haussons le ton !

 

Des frais d'inscription illégaux !

3500 euros pour un Master 2 à l'université d'Aix-Marseille III et 1200 euros à Grenoble II ? Non, nous n'essayons pas de vous faire peur, c'est la réalité ! Et ce ne sont pas les seules universités à exiger de tels frais d'inscriptions. En plus de l'inacceptable hausse annuelle de près de 5% en moyenne, 61 % des universités pratiquent cette année des frais d'inscriptions illégaux ! Aucun texte de loi ne donne l'autorisation aux universités de demander aux étudiants de telles sommes pour suivre des études dans l'enseignement supérieur. Face à cela, le montant des bourses n'augmente pas et de plus en plus d'entre nous ont des difficultés pour financer leurs études. Si nous voulons que l'enseignement supérieur reste un service public, nous devons réagir dès aujourd'hui. Sinon, ce serait laisser se développer une sélection par l'argent. Nous ne pouvons accepter un enseignement supérieur à deux vitesses où seuls les plus aisés peuvent étudier.

Une Loi pour la réussite de tous dans l'enseignement supérieur

Avec de tels frais d'inscription, même en trouvant un boulot à plein temps, beaucoup d'étudiants ne peuvent pas payer et doivent renoncer à leurs études. Et de plus en plus d'entre nous connaissent la précarité. Depuis des années, les réformes de l'enseignement supérieur n'ont fait qu'aggraver les conditions de vie des étudiants. Par exemple, avec la fin de la compensation annuelle des notes et la suppression de la session de septembre, la réforme LMD a de graves conséquences pour les étudiants salariés dans beaucoup d'universités. Si l'on veut que cela cesse, il faut prendre dès maintenant des mesures d'urgences pour l'enseignement supérieur. Nous exigeons que le gouvernement interdise aux universités de pratiquer des frais d'inscription illégaux. Mais face aux problèmes que nous connaissont, il faut aller plus loin. Nous, étudiants communistes, nous voulons construire avec vous des propositions qui permettront d'éradiquer la précarité dans l'enseignement supérieur. L’Union des Etudiants Communistes (UEC) veut élaborer avec l’ensemble des étudiants une loi pour la réussite dans l’enseignement supérieur. Nous souhaitons trouver les propositions qui permettent de faire de l’égalité des chances dans la réussite de nos études une réalité.

 Construisons ensemble !

Ainsi, nous allons élaborer, avec tous ceux d’entre vous qui le souhaitent, des propositions dans tous les domaines, notamment sur la hausse des frais d'inscription. Mais aussi sur le logement. Beaucoup d’entre nous ont, cette année plus que les précédentes, de grandes difficultés à se loger. Il faut que les choses bougent. Pour cela, prenons la parole ! Construisons ensemble un projet qui débouche sur des propositions qui permettront d’en finir avec la précarité dans l’enseignement supérieur. Nous pouvons défendre nos droits et en gagner de nouveaux : cela ne dépend que de notre volonté à toutes et à tous.  

par UEC publié dans : Vie étudiante
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Mardi 11 juillet 2006

Les Réformes de l’enseignement supérieur : ils vendent nos formations !!!

Autonomie des universités, mise en place du LMD (Licence – Mastère - Doctorat)… Le gouvernement Raffarin et le ministre de l’éducation Luc Ferry ont entrepris la révolution libérale de l’enseignement supérieur.


A l’heure de la révolution informationnelle, la question des savoirs et leur accès à tous est une chance sans précédent pour le développement de l’humanité. La place de la formation est de plus en plus essentielle dans nos sociétés. Son accès démocratique devrait permettre le libre développement de chacun, assurer l’égalité entre tous les citoyens, faire vivre les solidarités.


Ces réformes sont tout le contraire : sélection sociale, concurrence, appauvrissement des savoirs universels, vision utilitariste du savoir. C’est une université au service de la rentabilité que prépare le gouvernement.


Ces politiques s’inscrivent dans le cadre d’une mondialisation libérale au service de ceux qui voient dans l’éducation un marché juteux et qui ont bien compris que son contrôle est un outil de domination essentiel.


Ces réformes dévoient nos aspirations légitimes à trouver un emploi, notre volonté de mobilité européenne pour assujettir l’université aux besoins du marché.

Loin de ses missions citoyennes, culturelles, l’enseignement supérieur sera bientôt, si nous ne faisons rien, le centre de formation des entreprises, formant des travailleurs flexibles et dociles.


L’Union des Etudiants Communistes propose de mettre en débat l’avenir de la formation, enjeu essentiel pour construire nos vies, nos choix et la société dans laquelle nous voulons vivre. Ce livret se propose de mettre à jour les logiques qui animent ces réformes, de décrypter les véritables conséquences de l’application des réformes en cours.


Parce que ces logiques ne sont pas inéluctables nous voulons construire un autre enseignement supérieur fonder sur l’accès de tous à une formation de qualité et à la réussite. Une université citoyenne qui nous permette de comprendre le monde pour mieux le transformer.

Réforme LMD : une pédagogie de la sélection


Réduction des niveaux de sortie.


Les seuls diplômes qui seront délivrés seront les Licence (bac+3), Mastère (bac+5) et Doctorat (bac+8). Les autres diplômes (bac+2, etc.) vont disparaître. Ceux qui avaient des difficultés à obtenir un DEUG, notamment à cause de salariat étudiant, devront réussir une année supplémentaire pour ne pas sortir avec le seul bac en poche. D’autant que la Licence étant ouverte de droit aux bacheliers et le Mastère aux licenciés, la sélection va se faire "de l’intérieur", après un ou deux ans d’études pouvant ne pas être validés. Les étudiants de milieux populaires qui hésitent déjà à s’engager dans des études risquent de renoncer.


Filiarisation étanche, élitisme, torpillage du premier cycle.


Il y aura 2 licences, "professionnalisantes" OU "générales". Celle-ci permettra l’entrée en Mastère "recherche" menant lui-même au Doctorat. Les licences "pro" mèneront directement au travail et éventuellement en Mastère professionnalisant, mais l’entrée en Mastère recherche (donc en Doctorat) sera interdit. Les enfants de milieux populaires, qui vont dans les filières générales et font de la recherche, vont se raréfier encore plus, attirés par le faux découpage entre filières professionnalisantes censées offrir un métier et générales vidées de leur sens.


L’objectif annoncé est d’harmoniser les diplômes européens. Mais toutes les autres universités en Europe, pratiquent la sélection à l’entrée. Si l’égalité effective de réussite est loin d’être à l’œuvre dans notre système actuel, harmoniser sur l’exemple de ce qui est le plus répandu signifie revenir à une université élitiste, renoncer à l’ambition de la démocratisation.


L’harmonisation proposée ne parle que des formations, pas des populations d’étudiants. Mais la modification du contenu des formations va vers plus d’élitisme. En premier cycle, les enseignements ne seront plus en lien avec la recherche (ce ne seront plus des profs de fac qui enseigneront) : en devenant un lycée-bis, la formation ne préparera pas les étudiants à continuer en Mastère. La réforme cède sur l’accès en premier cycle, mais en le torpillant pour rendre le second cycle élitiste.


Les étudiants échouent souvent aujourd'hui car entre différents cours, ils ont du mal à comprendre ce qu’on attend d’eux pour réussir : s’approprier la logique d’une discipline. Or, la réforme libérale supprime l’enseignement par disciplines (remplacé par des réflexions sur des thèmes) ; elle transforme les « cours » en « crédits » capitalisables entre différentes facs européennes : qui pourra comprendre qu’une formation, c’est plus que l’addition de contenus isolés ? Et qui pourra se permettre d’aller étudier en Espagne ou en Angleterre alors qu’on a déjà du mal à se payer nos livres ?


Si l’interdisciplinarité peut être source de richesse et d’accès a différents savoirs, elle ne peut se faire sans cohérence pédagogique et des moyens supplémentaires pour encadrer les étudiants.


Au même moment, Ferry lance la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Encore plus qu’aujourd'hui, leurs différentes tâches vont être mises en concurrence : enseignement, recherche, administration... Les étudiants comme la recherche ont peu à gagner à une moins grande disponibilité des profs.

Une stratégie globale d’adaptation de l’université à la loi du marché 

1. La mise en concurrence des universités :


La fin du cadre national des diplômes. 


Jusqu'à aujourd’hui, l’enseignement supérieur français était organisé de manière à permettre un accès équivalent de tous les étudiants du territoire national à des formations identiques et nationalement reconnues. Ce système permet une cohérence géographique dans la répartition des diplômes et une égalité des étudiants devant les diplômes.

Pour la mise en place du LMD, le gouvernement a choisi d’appliquer le principe d’autonomie pédagogique. Chaque fac peut donc à sa guise décider des nouveaux diplômes qu’elle propose.

De ce fait, l’offre de formation devient complètement différente d’une université à l’autre. Les intitulés, les contenus, les modalités de contrôle des connaissances, les volumes horaires, seront d’une incroyable disparité d’une fac à l’autre. Le ministère ne prévoyant aucun dispositif sérieux pour habiliter les diplômes. L’objectif d’harmonisation est ici complètement contradictoire avec l’accroissement des disparités.

De plus, chaque fac est invitée à se spécialiser dans plusieurs grands domaines (pôles d’excellences) et donc à sacrifier les autres. Pour choisir ces domaines, les universités doivent se « positionner sur le marché des diplômes ». Il est évident que dans cette course à l’offre de formation, les plus grosses universités choisissent, les autres ramassent les miettes.

Nous passons donc d’une logique d’harmonisation à une logique de concurrence.


La professionnalisation de l’enseignement supérieur.


Le gouvernement s’appuie sur les aspirations étudiantes à trouver un emploi après les études pour y apporter sa réponse : la professionnalisation. Outre le fait décrit plus haut que la refonte des parcours de formation sera faite sous forme d’incitation à aller dans les diplômes professionnalisant sans espoir de continuer ses études après, c’est la philosophie même de l’université qui est en danger.

En effet les missions de l’université étaient jusqu’alors de permettre aux étudiants d’accéder à un niveau de connaissances générales qui est le meilleur facteur d’intégration et sur le marché du travail et dans la société elle-même. Rappelons que les analyses montrent que les filières professionalisantes ne permettent pas une meilleure insertion sur le marché du travail. Le facteur essentiel restant le niveau d’étude atteint, gravement remis en cause dans le LMD. D’autre part le niveau de connaissances générales est un atout pour la mobilité dans le travail. La logique des réformes en cours est au contraire la spécialisation et la professionnalisation à outrance et ce pour un type et un bassin d’emploi donné.

En fait il s’agit de choisir entre une université chargée de former des citoyens capables d’appréhender le monde, d’avoir accès aux savoirs, à la culture sans perdre de vue l’insertion professionnelle ou bien une université uniquement au service des intérêts des entreprises visant à l’employabilité des étudiants.


2. Le financement, un enjeu central :


L’Etat se désengage.


Ce fut l’une des premières actions du gouvernement : faire un budget en trompe l’œil. Si le budget de l’enseignement supérieur augmente de 1,15 %, cette augmentation est inférieure à l’inflation et résultant essentiellement de l’effet mécanique des rémunérations des emplois créés en 2002, contrairement aux effets d’annonce, les moyens sont donc en baisse par rapport à 2002. Pour 2004 le tableau sera encore plus noir…0%.C’est dans le domaine de la recherche que la situation est la plus alarmante : baisse du budget, gel de 30% des crédits alloués au CNRS, annulation de 30 millions d’euros de crédits prévus en décembre dernier, les décisions sont claires…


Les effets des réductions de dotations se sont déjà fait sentir à la fac d’Orsay ou celle de Toulouse obligées de fermer une partie de l’établissement faute de moyens. Les DGF (dotation globale de fonctionnement) sont en baisse généralisée, de nombreuses universités ont bien du mal a bouclé leur budget.


De nouveaux financements ; Privé et collectivités.


Face à ce désengagement de l’état, les universités se tournent logiquement vers le privé et les collectivités locales pour boucler les budgets. C’est là une des bases des politiques libérales, réduire le rôle de l’Etat au minimum et laisser au privé le soin de faire librement ses profits.


Cette décentralisation des financements entraînera des disparités croissantes entre fac riche dans les régions riches et facs pauvres dans les régions pauvres et un enseignement supérieur de plus en plus à deux vitesses.


La hausse des frais d’inscriptions.


L’une des réponses au désengagement de l’Etat est de « faire participer les étudiants au financement de leurs études ». Il, s’agit donc d’une hausse des frais d’inscriptions qui sera une nouvelle barrière sélective pour l’entrée à l’université. L’IEP Paris a ouvert la voie en décidant, appuyé par le gouvernement, de se lancer dans cette logique en projetant de tripler voir quadrupler les frais d’inscriptions. C’est déjà le cas dans les autres pays d’Europe engagés dans le processus d’harmonisation européenne (Voir P 6). Ces mesures sont un véritable recul pour la démocratisation de l’enseignement supérieur qui deviendra une affaire de riches, cette logique tend à transformer les étudiants non plus en usagers du service public (à défaut d’être acteur de nos formations) mais en client pur et simple.



3. De nouveaux décideurs dans l’université :


La baisse du budget et la bataille idéologique sur la nécessaire professionnalisation, entraînent un changement de pouvoir dans l’université, selon le principe du « celui qui paye, décide ». Ceci est formaliser par le gouvernement dans sa loi sur l’autonomie des universités, qui donne le pouvoir d’intervention au privé et aux élus locaux. Le texte prévoit en effet la création dans chaque université de « conseil d’orientation stratégique » composé de personnalités qualifiées extérieures désignées en nombre égal par le recteur, le CA, le conseil économique et social et les grands organismes nationaux. Ce conseil sera consulté sur le projet d’établissement (qui fixe pour 4 ans les priorités de développement de l’université) ainsi que sur les candidatures à la présidence.

Le privé dans les contenus.


Comme on l’a vu, la déréglementation des diplômes va entraîner de nouveaux contenus, les entreprises privées auront donc tout loisir d’intervenir dans ceux ci, en fonction de leurs besoins contre leurs contributions financières. A ce jeu il est bien évident que les sciences sociales et humaines seront les premières victimes des choix à faire. Le terme de filière « non rentable » prend ici tout son sens. Il n’est effectivement pas immédiatement rentable pour une entreprise de financer une licence d’histoire ou de philosophie. Par contre les licences pro hyper spécialisée attireront les capitaux.


Recherche et privé.


Ce problème d’entrée du privé à l’université, est particulièrement aigu en ce qui concerne la recherche. En effet entre recherche pour le bien commun et recherche pour le profit des entreprises il y a, bien souvent, contradiction. Le modèle américain est de ce point de vue éclairant : les laboratoires sont là-bas financés très largement par le privé, ce qui crée de multiples conflits d’intérêts. Le métier de chercheur a grandement évolué et la plupart recherchent pour une entreprise dont ils sont eux-mêmes actionnaires. On imagine l’objectivité des résultats. (voir p. 6)

La recherche serait donc soumise à des critères de rentabilité, dictés par des entreprises choisissant les domaines de recherche qui leur sont utiles et non pas sur des critères d’utilité sociale et de satisfactions des besoins humains.


Université et collectivités.


Les seconds nouveaux acteurs de l’université seraient les collectivités territoriales. La loi prévoit l’instauration de partenariat dans divers domaines d’intervention de l’université. Elles pourront porter notamment sur la formation professionnelle, l’information et l’orientation des étudiants, la vie universitaire. C’est donc en fonction des besoins locaux que seront mises en place les formations mais plus largement de larges pans de la politique universitaire.. Ceci implique que l’université sera assujettie aux choix politiques des majorités en place et donc facteur de disparité sur le territoire.

La conjugaison d’acteurs politiques et économiques locaux comme principaux décideurs dans l’université et la fin du cadre national des diplômes, sera non seulement facteurs d’inégalités, mais orientera inévitablement l’université vers les bassins d’emplois locaux. Et on nous parle de mobilité européenne ?

Ces réformes dans les directions des universités posent la question de la démocratie dans l’université. Le risque est grand de voir les institutions représentatives de la communauté universitaire (étudiants, enseignants-chercheurs, IATOSS) devenir de simple chambre d’enregistrement des décisions des bailleurs de fonds.


Changement de statut : la sélection légalisée.


D’autre part la loi sur l’autonomie des universités, autorise les changements de statuts, régis par des règles très souples. (voir annexe) Ce qui signifie que les universités pourront se muer en établissement de technologie avec donc sélection a l’entrée. C’est déjà le désir d’une université comme Dauphine, qui va pouvoir sélectionner légalement ses étudiants à l’entrée (acte illégal jusqu’ici).

 

A quoi ressemblera l’enseignement supérieur de demain ?


Le modèle Américain.


Sous couvert d’harmonisation européenne c’est en fait le système anglo-saxon que nous sommes en train d’importer.


Aux Etats-Unis le découpage 3/5/8 existe déjà. Les mêmes logiques ont fait naître l’enseignement supérieur américain, élitiste, soumis aux besoins de rentabilité. Il y a 20 ans l’université de Berkeley était financée presque totalement par l’Etat de Californie. Elle ne l’était plus qu’à hauteur de 34% en 1999. Entre temps l’université, c’est couverte de logos privés en tout genre, la business school porte le nom de la famille héritière des jeans Levi’s et le doyen est devenu « Bank of America Dean » (Président).


Seules les filières qui « gagnent de l’argent », « étudient l’argent » ou « attirent l’argent » profitent du système, les autres sont soit négligées soit abandonnées. Le privé fait la pluie et le beau temps dans l’université américaine, jusqu’à mettre en péril la démocratie. C’est ainsi que Nike a suspendu son concours financier à trois universités sous prétexte que leurs étudiants avaient critiqué certaines de leurs pratiques dans les pays pauvres, en particulier en matière d’emploi d’enfants.


La recherche désintéressée, et curiosité intellectuelle font figure d’archaïsme. La collusion de la recherche et des intérêts privés et leurs dérives sont légions. C’est ainsi que M. Charles Thomas, criminologue, vante par ses « recherches » les vertus de la privatisation des prisons, recherches financées par… des entreprises pénales privées !!! Autre exemple : une enquête du Los Angeles Tîmes montre que 19 des 40 articles publiés en 3 ans dans la rubrique « drug therapy » d’une prestigieuse revue médicale avaient été rédigés par des médecins rémunérés par les fabricants des médicaments qu’ils étaient chargés d’évaluer. On retrouve donc dans le modèle américain touts les dangers qui planent sur l’université française, à mille lieux de ce que devrait être le service public.


Déjà en Europe la libéralisation avance…


Les pays européens ayant signés le processus de Bologne sont pour la plupart en avance sur nous dans son application. Partout les conséquences sont les mêmes : hausse des frais d’inscriptions, privatisations (fac Motorola en Italie), sélection accrue …


- Au Royaume Uni, un système est sur le point d’être mis en place prévoyant une hausse passant les droits de 1500 (10.000f !) à 4337 euros (28.450f). Les étudiants devant rembourser leur formation une fois sur le marché du travail. La spécialisation entraîne une distinction entre université recherche et université uniquement destinée à l’enseignement. Les entreprises financent entièrement des filières construites selon leurs besoins. (source « les échos » 6 mai 2003)

- En Allemagne, instauration des frais de scolarité, restructuration du système d'éducation selon les propositions de groupes néolibéraux (comme le C.H.E, Centre Pour le Développement des Universités, lié au groupe Bertelsmann)

- Aux Pays-Bas, le ministre Jorritsma a déclaré que les universités devraient être jugées en fonction de leurs capacités à s'adapter au marché.

- Au Danemark volonté du gouvernement de réduire les budgets de l'éducation de 15% sur trois ans.

- En Espagne, instauration de la L.O.U (Ley Organica de Universidades), qui veut faire fonctionner les universités sous un strict critère de management (faire entrer les entreprises dans les universités, et encourager les Universités à se financer en se mettant en concurrence pour des fonds privés) ; restriction des bourses ; chaque année, baisse du pourcentage du P.I.B. destiné à l'enseignement supérieur (0.8% en Espagne, contre 1.33% en moyenne, en Europe)

Pour une université Libre et démocratique


Aujourd’hui deux idéologies s’affrontent : la première, libérale, décide de mettre à profit les savoirs pour faire plus d’argent et donc renie sur les dépenses nécessaires à accorder à la formation. La deuxième, la nôtre, décide d’investir dans la formation pour profiter des avantages des avancées : partage des savoirs, formation de chacun, travail pour tous. Voici quelques propositions pour transformer l’enseignement supérieur :


Une université lieu de savoir ouvert sur la société :


L’université permet d’avoir accès à des savoirs qui sont une richesse en soi et qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs. Nous voulons aussi nous former pour nous-mêmes, pour notre épanouissement personnel et avoir accès dans notre vie à toutes les technologies.

Nous voulons donc construire une université de tous les savoirs mais ouverte sur la société. Les nécessaires débouchés de nos études doivent se penser dans une perspective de transformation du marché du travail débarrassé de la seule logique de rentabilité, visant à la satisfaction des besoins humains. Nous voulons établir un lien entre le monde du travail et nos formations constituant une vraie porte d’entrée à l’emploi stable et qualifié.

Nos propositions  de créer des Maisons de l’Emploi et des Stages sur chaque campus pour décider, avec tous les acteurs concernés, des emplois et des stages que nous voulons, et des nouveaux emplois à créer. 


Une autre université pour une autre Europe :


A l’heure où les technologies de l’information permettent l’internationalisation des savoirs, où l’Europe devient une réalité de plus en plus palpable dans nombre de domaines, où nombre de questions sont débattues à l’échelle européenne, très peu de citoyens ont l’occasion de profiter des avantages de cette Europe : apprentissage d’une autre culture, découverte d’autres formes de travail…

Nous proposons la construction d’un espace qui ait pour mission d’assurer des passerelles entre les étudiants, les chercheurs, les universités européennes. Cet espace, par les missions de service public qu’il assumerait, donnerait à tous les moyens de la mobilité européenne, dans le respect de la diversité de chaque pays. A terme, c’est la démocratisation des enseignements supérieurs européens qui est visée.


Une université Citoyenne :


Le moment de formation doit être aussi une formation à la citoyenneté. Aujourd'hui plus que jamais il y a besoin de repenser l'organisation de l'université pour qu'elle fasse une plus grande place à l'intervention des étudiants. Que l'enseignant puisse déverser son savoir, sans plus de détail, sans plus de débat, c'est une conception obsolète de la pédagogie

Parce que cette exigence de démocratie est valable partout dans la société, elle l’est aussi pour l’université. Aujourd’hui, tout reste à inventer en matière de lieux qui permettent à chacun de décider, ceux existant s’avérant complètement insuffisants. Quand l’expression étudiante est bafouée au quotidien, il n’est pas étonnant que le sentiment de ne pas être suffisamment pris en compte l’emporte sur l’utilité d’aller voter.

Pour cela, nous exigeons la mise à disposition de tous les moyens permettant l’expression de la citoyenneté à l’université et d’encourager tout projet citoyen étudiant. L’accès au financement de ces projets étudiants. L’aide des universités, à tous les niveaux, pour promouvoir la citoyenneté dans l’enseignement supérieur.

Proposons de créer un Conseil qui rassemblerait l'ensemble des acteurs associatifs, syndicaux, politiques, sportifs, culturels… et l'ensemble des étudiants. Ce conseil serait le lieu d'élaboration de la politique universitaire en matière de Vie Etudiante.


Investir dans la jeunesse ;


Pour garantir son avenir, la société doit investir dans la formation de tous les jeunes pour pouvoir assurer ses besoins futurs. Les étudiants connaissent des conditions sociales de plus en plus difficiles qui freinent voire empêchent leurs possibilités de réussir. Une véritable sélection s’opère à l’intérieur de l’université par les moyens financiers et matériels.

Pour y parvenir, celui-ci doit fournir des réponses adéquates à la multitude de situations que rencontrent les jeunes en formation supérieure afin de construire un système universitaire émancipateur et non reproduire et accentuer les inégalités sociales

Les propositions sont :

Dans le cadre de la construction de milliers de logements sociaux prévus par la loi Besson / Gayssot, exigeons qu’un pourcentage conséquent par immeuble soit réservé aux étudiants. Cette mesure répondra à la situation précaire des étudiants face au logement, et favorisera ainsi une mixité sociale.

Le système des bourses doit être révolutionné pour répondre à la diversité des situations : allocation de formation (selon l’année d’études), allocation de recherche de premier emploi...élargissement et augmentation de l’allocation d’étude à l’étranger.Au lieu du gâchis financier actuel avec les indemnisations coûteuses du chômage, les exonérations des charges sociales des entreprises, utiliser cet argent pour créer de nouveaux emplois ?

Pour une rentrée de lutte !!


Le gouvernement Raffarin attaque sur tous les fronts : éducation, retraites, sécurité sociale, décentralisation. Il ne s’agit pas là de réformes isolées mais d’un véritable projet libéral de société. Le service public dans toutes ses composantes est le premier visé. Il s’agit pour Raffarin, soutenu par le MEDEF, de détruire tout ce que la société française compte de système de solidarité et de les soumettre à la logique du marché. Il s’agit de véritables régressions. Tous les acquis sociaux sont en ligne de mire.


Face aux attaques du gouvernement : Résistance !!!


Les mobilisations du printemps ont permis de faire reculer le gouvernement sur le projet d’autonomie des universités. Malgré l’engagement de centaines de milliers d’hommes et de femmes le gouvernement n’a pas encore reculé sur son projet de réforme des retraites. Les étudiants, alors en examen, ont cruellement manqué au mouvement !!! Cette rentrée doit être celle d’une mobilisation la plus large possible pour montrer au gouvernement que nous ne nous laisserons pas faire. Il est possible de le faire reculer comme nous l’avons fait en 1995 ou en 1986.


Construire l’alternative politique


L’Union des Etudiants Communistes met en débat ses propositions pour transformer l’enseignement supérieur et la société. C’est avec tous les étudiants qui le désirent que nous avons l’ambition de changer la société. Nous voulons vivre une citoyenneté active sur nos facs et ailleurs pour en finir avec inégalités, racisme, sexisme, exclusion, exploitation. Ce sont autant de terrains de lutte pour les étudiants communistes. Le Pen au deuxième tour, la guerre de Bush en Irak, la violence permanente au proche orient, la politique libérale et répressive du gouvernement sont autant de raisons de s’engager pour changer la donne.

Nous voulons construire un monde fonder sur l’égalité, la solidarité, le partage des richesses et des savoirs, a l’opposé des destructions sociales et humaines, des dominations multiples organisées par le capitalisme.

Pas question de remettre nos rêves à demain...


Les étudiants communistes mettent à ta disposition 3 réseaux d’échanges, de débat, d’action, de lutte: le RAP, la Chaîne Humaine, et celui de la Solidarité Internationale. L’UEC, ses cercles, ses réseaux, ses débats, c’est la possibilité d’être en contact, d’être acteur pour débattre, réfléchir, agir pour changer l’université et la société.

par UEC publié dans : Vie étudiante
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Mardi 11 juillet 2006

Révolution numérique et droits d'auteur :

Pour une société de la culture et

de la connaissance partagées

Nous vivons depuis une dizaine d'année une révolution technologique sans précédent : l'âge du numérique et le développement du réseau Internet ont ouvert des perspectives inédites pour un monde de la connaissance et de la culture universellement partagée. Ces bouleversements techniques ont suscité de nouvelles pratiques : peer to peer, créations collectives... A leur manière, ces nouveaux usages expriment et ravivent l'aspiration irréductible des peuples à la création, à la découverte et à l'échange de l'information, des oeuvres et des productions de l'esprit.

Mais ce monde naissant est insupportable à l'ordre libéral. Prisonnier de sa logique obsessionnelle de marchandisation de l'ensemble du vivant et des activités humaines, les industries culturelles, les multinationales des loisirs et de l'information mènent l'offensive pour conserver et étendre les profits considérables qu'ils tirent de leur monopole de propriété sur l'information et les oeuvres. Pour imposer cette économie de rente qui leur permet de commercialiser indéfiniment leur catalogue de « produits culturels », elles conduisent un lobbying forcené pour obtenir la légalisation des mesures de surveillance et de contrôle indispensables à la perpétuation de leur modèle économique. Comble de malhonnêteté, c'est la défense du droit des auteurs qui est invoquée pour garantir par la loi les intérêts économiques des majors du disque et de l'audiovisuel contre ceux des auteurs et ceux du public.

Qu'en est-il exactement ?

Les artistes ne doivent plus être spoliés de leurs droits

Pour un morceau de musique téléchargé au prix d'1 € les recettes se répartissent ainsi:

> 61 c Maison de disque

> 20 c TVA

> 7 c SACEM / SDRM

> 6 c Plate-forme téléchargt.

> 3 c Artistes

> 1 c Telecommunication

> 1 c Frais bancaires

> 1 c Licence logiciel DRM

Les artistes sont la dernière roue du carrosse dans lequel les majors de « l'entertainment » roulent grand train. Sur un CD payé 15 €, les artistes ne touchent que 2 €, contre près de 11€ pour la grande distribution et la maison de disque. Mais cela ne suffit pas pour combler les appétits de ces dernières : l'offre commerciale de téléchargement sur Internet exproprie un peu plus les artistes en ne leur réservant plus que 3 % du prix d'achat d'un morceau de musique. Que ce soit l'industrie musicale ou cinématographique, on observe la même explosion des profits. Si les ventes de CD ou la fréquentation des salles de cinéma stagnent, d'autres marchés s'envolent et les sources de profits considérables se multiplient : vente en ligne, téléchargement de sonneries issues du répertoire des stars en vogue, DVD, produits dérivés,... Autant de recettes nouvelles qui viennent grever le budget que les ménages peuvent consacrer aux loisirs et à la culture dans un contexte où leur pouvoir d'achat stagne, voire régresse. Qualifier de pirates et de voleurs les internautes qui pratiquent le téléchargement ne fera pas augmenter l'enveloppe qu'ils consacrent à l'achat de disques.

La réponse du gouvernement est inacceptable

C'est pourtant cette attitude irresponsable de criminalisation des internautes qu'a choisi d'adopter le gouvernement avec son projet de loi sur les droits d'auteurs et les droits voisins dans la société de l'information (DADVSI). En l'absence complète de concertation, le En raison des manœuvres d’intimidation des maisons de disques sur les artistes, les signataires de cette pétition enregistrée par huissier ont été contraints de garder l’anonymat.

Le ministre de la Culture fait le forcing pour faire adopter un projet de loi qui renforcera un peu plus les positions dominantes et les oligopoles de l'industrie culturelle. Incapable de comprendre ce mouvement de société, c'est donc sous la dictée de cette dernière que le gouvernement souhaite faire voter un projet de loi qui s'attaque au droit de copie privée et légalise les mesures de flicage des usagers de l'Internet. Loin de prendre en compte les intérêts des auteurs et des artistes, ce projet renforcerait la main-mise des majors et des diffuseurs sur les oeuvres. Incapable de la moindre innovation, Donnedieu de Vabre s'est archarné à ignorer les protestations des internautes (150.000 signataires de la pétition EUCD.info) et à caricaturer les solutions inventives dont celle proposée et soutenue par plus de 13.000 artistes, la licence globale qui ouvre pourtant des pistes sérieuses et respectueuses du droit des auteurs et des usagers de l'Internet.

La licence globale ouvre de nouvelles perspectives

En effet, cette proposition permet de donner un cadre légal aux internautes qui le souhaitent pour accéder à des contenus culturels (musique, images, films, textes) sur Internet et les échanger entre eux - à des fins non commerciales - en contrepartie d'une rémunération versée aux artistes. D'un montant de 6 ou 7 € par mois, elle permettrait de générer plus de 300 millions d'€ par an reversés pour partie aux artistes dont les œuvres seront échangées, et d'autre part, redistribués pour financer les actions de création, la production artistique et la formation des artistes. Pour nombre d'artistes, ce serait un progrès considérable puisque aujourd'hui, ils ne perçoivent rien. En outre, la licence globale affirme le principe que c'est aux auteurs eux-mêmes d'assurer la gestion de ces droits et leur redistribution, et non au marché comme le préfigure le projet de loi. Deux amendements votés en décembre dernier, grâce à des élus communistes, socialistes, verts et UMP, vont dans ce sens. Ces amendements sont directement menacés par le gouvernement qui entend bien tuer dans l’œuf cette proposition lors de la reprise des débats.

Libérer l'innovation et la création en taxant les profits

A titre d’exemple, 500 millions d’€, c’est moins de 1% des profits annuels des entreprises du CAC 40. Mais les internautes ne peuvent pas être les seuls à payer alors que les perspectives de profits ouvertes pour les marchands du temple sont considérables, grâce notamment aux gains de productivité permis par la révolution numérique. Va-t-on laisser de nouveau la sphère privée seule profiter de ces gains, où n'est-il pas temps enfin qu'ils contribuent à l'accès de chacun aux richesses informationnelles ? Pour rémunérer les droits versés aux auteurs, compositeurs et interprètes tout en leur permettant de mettre librement à disposition leurs oeuvres, il faut en effet « trouver » environ 200 millions d'€ (ce que les artistes touchent aujourd'hui) et 300 de plus pour encourager la création et financer les coûts de production et de redistribution : soit au total 500 millions d'€. Si l'on veut libérer l'innovation et la création, la licence globale ne peut pas être la seule réponse. Les communistes proposent la mise en oeuvre d'une rémunération sociale de la création, adossée aux profits des industriels des loisirs et gérée par les sociétés d'auteurs.

par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006
 

DES CLAPIERS POUR LES ETUDIANTS,

DES TAUDIS POUR LES PAUVRES ET LES ETRANGERS

 

Depuis la fin de la polémique sur les incendies meurtriers de logements indécents à PARIS en 2005 (24 morts) et à MARSEILLE le 14 mai 2003(13 morts), la question du logement social n’est plus une priorité pour notre gouvernement. Le rapport de la fondation l’Abbé PIERRE sur le sujet reste malgré tout alarmant et montre les insuffisances de la politique des gouvernements successifs. Faut–il attendre une nouvelle hécatombe pour qu’enfin une politique volontariste soit mise en place ? Ce rapport indépendant montre que la politique suivie (l’amortissement Robien, la baisse généralisée des aides par rapport au coût de la vie) a favorisé les bailleurs en défiscalisant le marché sans redynamiser l’offre de logements. Ceux-ci profitent aussi des augmentations des aides au logement pour rehausser leur loyer en arguant que cela ne change pas la situation des locataires : ils captent de cette manière les aides à leur profit. Depuis longtemps les aides n’augmentent plus mais l’inflation reste galopante. La conséquence logique est l’augmentation des expulsions : on atteint le chiffre de 100000/an. Au pays des droits de l’Homme, le droit universel au logement est une fiction. Dans ce contexte la situation des étudiants s’est dégradée. Beaucoup effectuent chaque jour des trajets longs (3,4 heures par jour) car il ne peuvent pas avoir de chambres universitaires et de ce fait ne peuvent pas jouir de l’autonomie. Celles-ci, peu nombreuses, restent des clapiers insalubres. Un ancien directeur du CNOUS aurait déclaré à des parlementaires qu’un tiers d’entre elles étaient « des taudis dangereux ».De plus, 9m², ça reste exigu. Seuls quelques étudiants peuvent se permettre d’acquérir un logement en ville bien situé et insonorisé. Où est passée l’égalité des chances si chère à notre gouvernement ?

 

Extrait d’un rapport parlementaire sur le logement étudiant dans l’académie de LILLE :

« D'après les indications très détaillées fournies à la mission, 15 518 logements à vocation étudiante sont recensés dans l'académie pour 151 000 étudiants et le CROUS dispose de 9 173 places, dont 3 733 pour l'accueil des nouveaux étudiants relevant du dossier social étudiant et moins de 50 pour les primo-arrivants étrangers individuels,(…)
Les constructions prévues au titre du contrat de plan (700 places) ne sont pas encore réalisées et le programme de réhabilitation engagé laissera dans le meilleur des cas la moitié des chambres traditionnelle non rénovées en fin 2006. »

NOS REVENDICATIONS :


  • - Pour un véritable service public du logement engageant la construction massive de logements très sociaux et étudiants, car l’initiative privée ne peut pas répondre à cette demande

  • - Déplafonnement de l’Aide au logement

  • - Réquisition d’une partie des 1 800 000 logements vacants en France

  • - Cessation des expulsions

  • - Faire respecter la loi SRU qui oblige les municipalités à disposer de 20% de logements sociaux sur l’ensemble du parc immobilier de leur commune

  • - Fixer un Taux de rentabilité raisonnable sur le locatif privé

par UEC publié dans : Nos combats
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