Contre la précarité, au-delà du CPE,
construisons ensemble une alternative !
Quel triste spectacle que celui de jeunesse en janvier dernier… On annonçait des centaines de postes en moins, et quelle est la réaction des étudiants ? Descendent-ils, furieux, dans la rue ? Non. Rien ne se passe. En février, c’est au tour de la directive Bolkenstein d’instaurer la précarité partout en Europe, malgré le NON à l’Europe capitaliste de mai dernier. Que font les jeunes ? Rien. Pourtant, déjà, les syndicats et les étudiants communistes sont dans le combat. Qui pouvait espérer, cependant, que quelques semaines après, la France connaîtrait le plus magnifique mouvement social qu’elle ait connu depuis 1995, voire les années 70 ?
Car c’est bien la même jeunesse qui s’est massivement mobilisée contre le CPE. Celle là même dont tout le monde pensait qu’elle n’avait plus de conscience politique, qu’elle ne pensait qu’à son présent sans préparer l’avenir, et que, osons le dire, on croyait soumise.
Cette révolte des étudiants et des lycéens a conduit le gouvernement de droite et le patronat à reculer pour la première fois depuis 2002. Mais n’oublions pas que nous, lycéens, étudiants, ne fûmes pas seuls : seule la grève massive des salariés, conjuguée bien sûr aux efforts de la jeunesse, a pu venir à bout des projets de régression sociale que souhaitait la bourgeoisie française. Outre le retrait du CPE (victoire incontestable), c’est cela le principal acquis de cette lutte : les travailleurs de notre pays ont vu que la grève pouvait vaincre. Gageons qu’ils le retiendront, et que la prochaine fois sera la bonne pour sortir le patronat et ses partis définitivement.
Ce fut une mobilisation de tous les instants. Levés à 5h30, tournée des usines pour informer les salariés sur la réalité de la Loi pour l’ « Egalité » des Chances, actions coup de poing, Assemblées Générales, préparations de manifs… Nous en sommes parfois venus à nous demander si nous étions encore étudiants, ou si notre seule activité était devenue le militantisme, le militantisme pour défendre notre avenir et celui de nos enfants. Occupations nocturnes épuisantes, courses entre partis et syndicats pour obtenir des aides, que les communistes ont été les premiers à fournir, et toujours, expliquer, démontrer, aller parler à chaque citoyen : tel a été le quotidien des jeunes mobilisés pendant presque 3 mois pour certains d’entre eux…
C’est une victoire bien méritée, donc, qu’a obtenue la jeunesse de notre pays. Mais une victoire encore partielle. Le CNE, père du CPE, n’est pas mort. Les communistes en exigent dès maintenant l’abrogation, comme de toutes les contre-réformes Jospin/Raffarin/De Villepin. Au-delà, la Loi pour l’Egalité des Chances doit être entièrement renégociée, il est impensable que la France soit un Etat où le travail de nuit est autorisé pour les enfants de plus de 15 ans, et où l’apprentissage commence dès 14 ans ! Les communistes appellent donc l’ensemble des français à continuer, quelle que soit sa forme, sa lutte contre la Loi pour l’Egalité des Chances, et contre tous les emplois précaires ! Nous nous donnons d’ores et déjà rendez vous le Premier Mai et dans les multiples forums que nous organiserons pour bâtir ensemble des propositions. Il ne faut pas non plus oublier le contrat locatif « prêt à expulser » que vient de pondre notre gouvernement : non seulement l’emploi deviendrait précaire, mais on pourrait, en plus, se trouver à la rue du jour au lendemain… C’est assez ! Nous ne devons pas non plus accepter que des jeunes soient poursuivis parce qu’ils ont participé à ce grand mouvement revendicatif, qui sera sans doute retenu par l’Histoire comme celui du réveil d’un peuple endormi : signons massivement la pétition lancée par l’Humanité, le journal des jeunes et des travailleurs.
Cette lutte contre le CPE est certes une grande victoire du peuple de France. Mais les jeunes ont toutefois appris une autre leçon lors de leurs longs débat (certes, un peu trop arrosés parfois…) : il n’y a pas de lutte contre la précarité sans lutte contre la société globale, contre la société capitaliste. La précarité, la misère, sont inhérentes à cette société dans laquelle nous vivons. Il faut, pour le patron, faire toujours plus de profits, et donc pressuriser toujours plus le salarié. L’objectif du gouvernement, au-delà du CPE, c’était le contrat unique pour tous, la précarité à vie. Les jeunes ont commencé à penser aux alternatives. Ils ont commencé à réfléchir à « comment faire autrement ». Et la réponse est parfois venue de ceux qu’on pensait les moins politisés : « nationalisation des moyens de production, tout le pouvoir aux travailleurs ». Derrière ce slogan apparemment simpliste se cache probablement la clé de nombre de nos problèmes. Ainsi, la jeunesse de notre pays montre le chemin : pour battre définitivement le capitalisme, il faut passer à un régime communiste en France, sans consensus. Alors, dans la rue et dans les urnes, tous ensembles, il est temps, contre la précarité, de bâtir ensemble une alternative ! Rassemblons nous !
Xavier Dubois, membre du Conseil National de l’Union des Etudiants Communistes

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