Vendredi 11 août 2006

Arrêtez le massacre

 

L'offensive israélienne au Liban a déjà fait selon le gouvernement libanais, plus de 1000 morts et 3.000 blessés dont un tiers d'enfants de moins de douze ans. Près d’un quart de la population est déplacé. On ne compte plus les destructions d’infrastructures, d’habitations et d’équipements vitaux pour les Libanais.

 

UNE GUERRE COLONIALE ?


L’Etat israélien cherche à anéantir le Liban sous un déluge de bombes. Mais derrière ce déferlement se profile une réelle volonté d'occuper tout le sud du pays du Cèdre jusqu'au fleuve Litani au nord de Tyr. Cette guerre a des relents de guerre coloniale.

Seulement cette politique est lourde de conséquence. Le choix délibérer de semer la mort et la haine par Israël entraîne le Proche Orient au bord du gouffre et ceci avec l'aval des Etats-Unis et des Européens.


En ce qui concerne les initiatives diplomatiques en cours, force est de constater qu’après des atermoiements injustifiables des Etats-Unis (et de la France) devant le Conseil de Sécurité de l’O.N.U. un projet de résolution a été déposé mais celui-ci ne répond pas aux exigences de la situation. Le Liban, légitimement, l’a rejeté. En effet, sans un retrait des troupes israéliennes, sur lequel le projet de résolution est muet, les affrontements et l’escalade risquent de se poursuivre.

NON A LA GUERRE !

Solidarité avec les Libanais et les Palestiniens

Les Jeunes Communistes appellent à tout faire dès aujourd'hui pour arrêter l’agression de l'état Israëlien et de marquer notre solidarité avec le peuple libanais et le peuple palestinien.


Alors ensemble exigeons :

- l'arrêt immédiat des bombardements et des occupations israéliennes au Liban et en Palestine. L'arrêt de tirs de roquettes du Hezbollah et du Hamas.

- un échange de prisonniers. Toutes les personnes - soldats israéliens, prisonniers politiques palestiniens et libanais- détenues dans le cadre de cette crise doivent être libérées sans conditions.

- le respect absolu du droit humanitaire. La sécurité des missions humanitaires et des secours d’urgence doit être garantie.

- le retrait des troupes israéliennes de Gaza et du Liban. Une force internationale sous l’égide de l’ONU devra être chargée de faire respecter le cessez-le-feu et de garantir la sécurité du Liban, d’Israël et de la Palestine.

Au-delà du cessez-le feu immédiat, il est urgent de se mobiliser pour réunir les conditions d'une paix durable au Proche-Orient. Mais tout processus de paix dans la région devra passer par la reconnaissance d'un Etat palestinien libre et indépendant avec Jérusalem, et par une prise de conscience des peuples palestiniens, libanais, et israéliens contre leurs dirigeants.

Le Samedi 12 Août sera une journée nationale de mobilisation contre la guerre au liban, une manifestation partira de la Grand place de Lille à 15h, les peuples du moyen orient ont besoin de tous les soutiens !!
par UEC publié dans : Nos combats
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 2 août 2006

Ici et ailleurs, homos, hétéros,

ensemble pour l’égalité des droits,

contre l’homophobie…

Image Hosted by ImageShack.us

Dans les rues mêmes de l’Union Européenne, en Pologne, ont résonné les cris de « les pédés aux chambres à gaz ». En Russie, la Gay Pride a été interdite, et des leaders homosexuels ont été interpellés alors qu’ils appelaient à déposer des gerbes au Monument aux victimes du fascisme. Là, quelques centaines d’activistes d’extrême droite les attendaient, les agressant sans intervention de la police. Le responsable du PCF qui s’était rendu à cette initiative a lui-même été contrôlé deux fois par la police russe. Ailleurs dans le monde, il est encore plusieurs pays où l’homosexualité est punie de la peine de mort. Les communistes français souhaitent apporter leur soutien aux lesbiennes, gays, bi et transsexuels qui souffrent et meurent à cause de leur orientation sexuelle. Il est grand temps que notre République et l’Union Européenne se saisissent de la question et fassent pression sur les pays concernés.

Dans notre pays même, l’homophobie est latente. Des insultes comme « pédés » ou « gouines » sont devenues des mots banaux, le taux de suicide reste plus important chez les adolescents homosexuels que pour les autres… Combien de fois n’avons-nous pas entendu de la part de notre interlocuteur « Je ne suis pas homophobe, mais l’homosexualité n’est pas un comportement normal » ? Autant d’éléments qui prouvent que notre société présente encore un caractère hétérocentré très marqué, que nous devons combattre.

Dans l’immédiat, nous pouvons d’ores et déjà soutenir la pétition lancée par SOS Homophobie pour l’accès à tous au don du sang : en effet, les homosexuels, aujourd’hui, en France, n’ont pas le droit de donner leur sang, étant considérés comme « personnes à risques », notoirement « infidèles » de surcroît. Pour aller plus loin, nous devons nous battre pour le mariage homosexuel, puisque l’égalité entre tous les citoyens, entre tous les travailleurs, est une condition de l’existence de la démocratie. Par ailleurs, ce serait un moyen pour l’Etat de distinguer définitivement l’institution religieuse du mariage et le mariage civil, se conformant ainsi à ce que doit être un Etat laïc. Dans le même ordre d’idée, organisons ensemble la lutte pour que tous les couples aient le droit à l’adoption : l’opposition à ce droit est souvent constituée d’une homophobie larvée.

Mais l’homophobie s’étale parfois sur la place publique, au cœur même de nos institutions. Les élus de la République qui tiennent des propos discriminatoires, notamment homophobes, ne devraient ils pas être déchus de leur mandat ? Les communistes français mettent cette question en débat, car l’on peut considérer que de tels propos sont une justification indirecte des agressions homophobes qui sont plus courantes qu’on peut le croire dans notre beau pays. Nous nous souvenons tous du jeune ouvrier brûlé vif dans le département voisin à cause de son orientation sexuelle. Par ailleurs, Marie George Buffet, en novembre 2005, a déposé un projet de loi défendant le mariage homosexuel. Elle a été à l’initiative en juillet 2003, d’une proposition de loi sur les discriminations. Nicole Borvo a fait de même au Sénat.

Ainsi, il convient de poursuivre tous et toutes ensemble la lutte contre l’homophobie, contre toutes les discriminations, notamment dans le monde du travail. Cela ne doit pas être un engagement limité au monde homosexuel, mais doit devenir un souci de tous les démocrates, de tous les travailleurs de notre pays. L’émancipation de chacun est une condition de la construction d’une société nouvelle, même si nous devons l’inscrire dans le cadre d’une lutte globale contre la société actuelle, génératrice de discriminations.


Xavier Dubois, Membre du collectif LGBT du Parti communiste Français

par UEC publié dans : Nos combats
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Jeudi 20 juillet 2006

Transports pour tous !

Pourquoi ?

Les transports figurent parmi les préoccupations premières des jeunes. Chaque jour, nous devons emprunter le bus, le train ou le métro pour nous rendre sur nos lieux d'études, de travail ou pour aller chercher un boulot. Nous les utilisons aussi pour aller au cinéma, faire du sport ou pour d'autres loisirs. Pour beaucoup d'entre nous, prendre le métro ou le train est trop souvent galère car le coût du billet ou de l'abonnement sont hors de prix. Résultat : on reste à la maison ou on prend le risque de frauder.

Ce qui existe :


La politique menée par la gauche au conseil régional et dans les communautés urbaines en matière de transports prouve que des avancées sont possibles :

-Dans la région, les étudiants bénéficient de la gratuité des transports sur le TER pour les boursiers, et du mitarif pour les non boursiers.
-A Lille, à Dunkerque et dans d'autres villes, les demandeurs d'emploi bénéficient de la gratuité du ticket et les étudiants ont accès à des réductions sur les transports urbains.
-Le dispositif Arc-en-ciel permet aux collégiens et lycéens de se déplacer gratuitement, mais seulement de son logement à son lieu d'études

A Lille, la municipalité s'est engagée à diminuer le trafic de voitures en centre ville pour lutter contre différentes formes de pollution. Nous partageons les motivations écologiques liées à cette politique des transports. Mais le rejet de la voiture ne doit pas se faire sur le dos des usagers. Elle doit s'accompagner d'une politique de gratuité des transports en commun et de l'installation de parkings gratuits.

Comment ?

Il n'y a pas de fatalité, Des solutions existent. Elles sont déjà mises en œuvre dans certaines villes :

-Rendre gratuit pour tous, l'accès aux transports en commun n'est pas utopique ! Cela existe à Châteauroux. Depuis pllusieurs mois, les élus communistes de Lille demandent une étude de faisabilité pour une gratuité d'accès à l'ensemble des lignes du réseau transpôle.
-Le transport nous concerne tous, il doit être un réel service public rompant avec la loi du profit, et cogéré de façon démocratique par ses usagers, ses salariés et les collectivités locales.
-Malgré un réseau étoffé, certaines zones du Nord Pas de Calais restent encore isolées. Certains lieux sont peu ou pas desservis. Nous demandons une consultation des habitants sur les transports afin d'offrir une meilleure desserte en transport en commun dans la région.

Des chiffres...


 -4,2 %, c'est la baisse du budget du ministère ayant en charge les transports. Une baisse surtout concentrée sur la part réservé au transport en commun. Un parti pris gouvernemental allant en contre sens du libre accès au transport pour tous...
 +475% C'est la hausse du prix d'abonnement annuel pour les plus de 65 ans (qui passe de 40 à 190 €. Encore une fois, ce sont les minorités qui ubissent la politique tarifaire en matière de transport.

par UEC publié dans : Nos combats
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 19 juillet 2006

POUR UN
RASSEMBLEMENT
ANTILIBERAL

Appel de Marie-George Buffet

Free Image Hosting at www.ImageShack.us



"IL Y A UN GOUFFRE ENTRE CE QUE VOUS ATTENDEZ, CE QUE VOUS EXPRIMEZ DANS LES LUTTES SOCIALES, ET LES POLITIQUES MENÉES DEPUIS DES DÉCENNIES.
Et la gauche en qui beaucoup ont placé un espoir, à trois reprises a beaucoup déçu. Nous-mêmes n’avons pas toujours été à la hauteur de ces espoirs. Depuis trop longtemps, les volontés de changement n’arrivent pas à se traduire dans les urnes. Nous voulons mettre fin à cette situation qui blesse la démocratie et provoque tant de mal-vie. Il y en a assez du renoncement, de la violence sous
toutes ses formes, du dépérissement des droits, de la crise économique, sociale et démocratique.
Il faut rompre avec les logiques libérales et capitalistes qui nous conduisent à des malheurs grandissants.

La question de 2007, n’est pas de savoir comment se dénoueront les chocs des ego présidentiels, plutôt : sera-t-il possible, cette fois-ci, d’élire une politique qui change vraiment la vie ?
Y aura-t-il un moyen pour vous d’exprimer vraiment votre voix ?
Y aura-t-il un moyen de se rassembler majoritairement sur un projet vraiment courageux ?

J’ai la conviction que c’est possible. À condition de ne pas se figer dans les clivages du passé et les habitudes. À condition d’en finir avec ce bipartisme et ces alternances sans perspectives. À condition de chercher à rassembler toutes les énergies antilibérales pour bouleverser la donne. Ce n’est pas une douce folie, ce n’est pas du vent : le 29 mai, c’est cela que nous avons fait ensemble. Et nous avons gagné. Tout cela ne peut pas rester lettre morte. Il y a devant nous une chance historique, et des attentes immenses.

Lors de leur congrès, les communistes ont lancé un appel à toutes les forces, à tous les hommes et les femmes qui veulent en être dans leur diversité, pour construire un grand rassemblement populaire et antilibéral.

Mais pour que cela ait lieu, il faut que les citoyennes et les citoyens interviennent, qu’ils disent ce qu’ils souhaitent. Dans les forums, dans les rencontres publiques de la gauche, nous vous invitons à venir nombreuses et nombreux pour apporter votre pierre à cette dynamique. Pour réussir, ensemble, nous avons besoin de tous. Je m’adresse à vous, parce que sans vous, cela risquerait fort de ne pas se faire et surtout, cela n’aurait pas de sens. La politique, la gauche, doivent être votre propriété.

Construisons ensemble un programme à partir des luttes, du bouillonnement de débats qui se fait jour depuis près d’un an. Et construisons ensemble, pour les législatives et la présidentielle, des candidatures capables de porter ce programme, capables d’incarner ce rassemblement dans sa diversité de forces politiques et sociales et de personnalités. Pour la Présidentielle, qui empoisonne la vie politique, nous proposons qu’un homme ou une femme issu de notre parti puisse incarner cela, à la façon dont nous l’avons fait lors de la campagne du référendum : en garantissant la place de chacune et chacun, en travaillant à une nouvelle victoire partagée. Il faut en débattre et lever les blocages.

Si nous parvenons à constituer ce rassemblement, avec la volonté de faire bouger toute la gauche, et de donner toute sa place à la dynamique populaire antilibérale, alors nous pourrons battre la droite et réussir à gauche en changeant vraiment et enfin la vie.

J’ai espoir. Beaucoup d’espoir. Je sais que par le passé la politique vous a beaucoup déçu, en ne répondant pas à vos besoins, vos attentes, vos aspirations. C’est à cela que nous voulons mettre fin.
"

par UEC publié dans : Election 2007
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 17 juillet 2006
 

Gauche ? Droite ?
Une histoire de classe…


Avant la proclamation de la République, chacun sait que l’opposition gauche/droite reposait sur le clivage républicains/monarchistes (ou bonapartistes). Dès la fin des années 1870, le critère change de domaine : de politique (même si derrière les apparentes revendications démocratiques se cachaient régulièrement des intérêts de groupes sociaux définis), il devient principalement socio-économique.

Ce changement coïncide avec l’avènement définitif, dans notre pays, d’une société capitaliste.


La vie politique dans une société capitaliste : champ d’affrontement de groupes sociaux inconciliables


Notre société est composée de groupes sociaux aux intérêts antagonistes et inconciliables.

D’un côté, on trouve le salariat, l’immense majorité de la population celle qui fait tourner l’ensemble de l’économie de notre pays, sans la contrôler.

De l’autre, le patronat, propriétaire des moyens de production, des banques, des circuits de distribution, etc… L’intérêt de ce dernier est de faire du profit. Or, le profit est ce que le patron peut récupérer sur le travail du salarié : la plus-value capitaliste. Elle ne peut se faire qu’aux dépens du travailleur : on ne peut pas éternellement faire des économies sur les matières premières, il y a toujours un moment où il faut s’attaquer aux intérêts de la masse des salariés. Adam Smith en convenait, avant même Marx. Un libéral sérieux ne peut être que d’accord avec cette idée.

Donc, nous pouvons poser comme acquise l’idée que le salariat et le patronat ont des intérêts inconciliables sur le plan socio-économique.

Entre ces deux classes inconciliables s’étendent des catégories de moins en moins importantes. Mais elles ne remettent pas (plus ?) en cause la répartition fondamentale entre les 80% (au bas mot…) de salariés et la poignée de personnes qui dominent vraiment l’économie nationale.


La bourgeoisie, classe dominante d’une société capitaliste, a dessiné les institutions de la République dans son intérêt : celles-ci ne peuvent pas contrôler le pouvoir économique, et pour cause, elles s’attaqueraient ainsi aux intérêts immédiats du patronat. L’intérêt du patronat, c’est le « laisser faire, laisser aller »… Et le maintien d’une armée de réserve de chômeurs, qui permet au patronat de jouer avec les salaires comme il l’entend. Voilà pourquoi les libéraux les plus « généreux » n’envisagent même pas de faire baisser la barre du chômage sous les 5%, et qu’ils font accepter cette idée par la masse de la population.

L’intérêt du salariat, c’est « le pouvoir aux travailleurs », l’arrachement de l’économie des mains de la bourgeoisie. C’est mieux vivre ici et maintenant.


Alors, qu’est ce que la gauche ? C’est l’ensemble des partis qui œuvre dans l’intérêt du salariat, aussi bien pour conquérir des réformes (financées sur le capital), que pour abattre la société capitaliste pour passer à la forme supérieure de société : le Socialisme. Le Socialisme au sens où l’ont entendu Marx, Jaurès, et Lénine, bien sûr : c'est-à-dire la société où le salariat s’est érigé en classe dominante. La gauche, c’est le « mouvement », le changement.

Alors, qu’est ce que la droite ? C’est l’ensemble des partis qui œuvre dans l’intérêt de la bourgeoisie, pour maintenir le système capitaliste, pour augmenter les profits de la classe dominante actuelle. C’est le « conservatisme », voire la « réaction » en période contre-révolutionnaire.


La droite et l’extrême droite en France aujourd’hui


La gestion de notre pays depuis ces dernières années illustre parfaitement cet état de fait. La droite assume le fait qu’il faut se sacrifier pour l’entreprise (entendez, « pour ceux qui possèdent les entreprises »), qu’il faut plus de libéralisme, moins de social. La base sociale de la droite est plus que jamais le patronat, le grand patronat. Les ouvriers, les employés qui votent pour la droite sont victimes de l’idéologie dominante, des média, de la presse bourgeoise, qui, sans cesse, font campagne pour les partis bourgeois (et à contrario, le parti du salariat est celui qu’elle montre le moins). Ceux-ci aujourd’hui ne se cachent plus. Encore le gaullisme de grand-père (pas le mien, rassurez vous…) se plaisait à revêtir un aspect « social-national », mais le sarkozysme est un ultra-libéralisme affirmé, quoique démagogique. Pour enfoncer les portes ouvertes, les partis de droite aujourd’hui sont bien sûr l’UMP, mais aussi l’UDF. Derrière son prétendu centrisme, ce parti est un parti de droite, qui pourrait s’opposer à l’Etat-UMP au Sénat s’il le voulait. Il ne le fait pas, car en réalité son programme ne diverge que marginalement avec celui du grand frère UMP. Il suffit de voir à quel point les députés UDF suivent peu François Bayrou.

Dans cette optique, le Front National est aussi un parti bourgeois. Sa base électorale essentielle est le petit patronat, même si le FN se fend parfois de rencontres avec des dirigeants patronaux. Le FN n’est pas et ne sera jamais un parti ouvrier. Pour Le Pen, il faudra « travailler plus et plus longtemps ». Le FN, très discrètement, était pour le CPE. Il va même jusqu’à revendiquer la suppression de l’impôt sur le revenu ! Il fait de l’anti-communisme son principal fond de commerce. Oui, mais le FN est raciste, homophobe, réactionnaire, me direz vous…

Ah, l’UMP n’organise t-elle pas la chasse aux immigrés ? Ne sont ce pas des députés UMP qui ont tenu les pires propos homophobes cette année ? La loi sur l’immigration positive, c’est l’œuvre du FN ? Alors, certainement, le FN est pire que l’UMP sur tous ces points. Mais placer une barrière définitive entre les deux… Le FN, avant d’être extrême, est d’abord de droite, et son compère du MNR le revendique en se proclamant « la vraie droite ».

En se complaisant dans un chauvinisme exacerbé, ces partis ne font que défendre les intérêts impérialistes de la France… C'est-à-dire de la bourgeoisie française, car qui d’autre a en France intérêt à exploiter les autres peuples ?


Cependant, en quoi le racisme, allez vous me dire, est il « une politique de classe » favorable à la bourgeoisie ? Mais c’est assez évident… En dressant les travailleurs les uns contre les autres, la bourgeoisie peut mieux dominer, et faire oublier la lutte des classes. Les salariés d’origine immigrée sont particulièrement exploités, et leur marginalisation est ainsi une posture favorable pour le patronat français.


Le Parti Socialiste, parti du salariat ou parti bourgeois ?


Le PS a aujourd’hui une position très ambiguë dans la vie politique française. Il a détruit les repères idéologiques des salariés en menant une politique ouvertement pro-capitaliste entre 1997 et 2002 (mais pas assez pour rallier à lui la bourgeoisie, qui en a jamais assez, évidemment… A la copie, on aime toujours mieux le modèle). Le gouvernement Jospin est un des gouvernements qui a le plus privatisé, donc le plus rendu au patronat. Si le gouvernement de Programme Commun en 1981 prévoyait une série de mesures très favorables aux salariés, elles ont été très vite abandonnées. Les rares entreprises nationalisées ont été gérées comme des entreprises capitalistes, puis reprivatisées après modernisation. Par ailleurs, il a attaqué directement les intérêts des travailleurs, par de premières réformes de la Sécurité Sociale, la flexibilisation de l’emploi (emplois jeunes)… Et même les réformes positives comme les 35 heures ont été réalisées en sorte que « elles ne gênent pas trop le patronat ». Le PS a gravement trahi les salariés de notre pays. Jospin l’a fait comprendre à plusieurs reprises en disant que l’Etat ne pouvait plus rien faire pour défendre des salariés licenciés.

Il faut ajouter à cela le spectacle désastreux de la direction du PS. Qui peut encore croire qu’ils se battent pour le peuple ? Les Royal, Hollande, Lang, DSK, Fabius, etc, etc, etc, passent leur temps à se battre, non pas pour défendre ce qui devrait être leur classe, mais pour faire des proclamations chocs qui flattent leurs présidentiels ego.


Pourtant, contradictoirement en apparence, le Parti Socialiste joue un grand rôle dans la lutte des classes dans notre pays.

Mais ce n’est pas par le programme flou de sa bureaucratie, qui est un tissu de réformes très faibles et de contre-réformes… Et comment peut il en être autrement quand il faudrait faire des réformes sans toucher à un cheveu de l’économie capitaliste ? C’est une question de réalisme. Socialisme ou capitalisme, il faut choisir, le consensus n’existe pas. Ou plutôt si, il peut subsister une dizaine d’années, mais il ne peut tenir la longueur, et l’histoire des cinquante dernières années en est une illustration flamboyante. En appelant à voter OUI à l’Europe capitaliste, le PS a commencé à montrer plus franchement son jeu. Comment faire « l’Europe sociale » avec un carcan capitaliste ? En gros, le PS veut nous faire croire qu’on fait du social avec le patronat comme allié. Bref, de par son programme, comme par de ses dirigeants, le PS n’a plus rien d’un parti ouvrier, comme la majorité des partis sociaux-démocrates du continent.

Cependant, le PS reste, dans la conscience collective, comme le PCF, un parti du salariat. Pour la très grande majorité de nos concitoyens, quand on parle de « la gauche », on parle du PS, éventuellement du PCF. Je parle de la masse de la population, pas de la poignée de militants ultra conscients. Il est évident que si on parle à un ultra-gauchiste de « la gauche », il ne va penser qu’à sa propre petite secte. L’extrême gauche, elle, en refusant de reconnaître le caractère de classe du PS, favorise la droite. En montrant le PS et le PCF comme les premiers ennemis du salariat, elle trompe les électeurs, qui, une fois le moment de séduction passé (10% en 2002) retournent voter pour leurs porte-drapeaux traditionnels après la douche froide libérale (scores élevés du PS et inattendus du PCF aux régionales). Ainsi, l’extrême gauche n’a qu’une importance accidentelle, mise en avant par les média bourgeois dans la scène politique française de matière inconsidérée.


Le PS reste également, symboliquement, un parti « de masse ». Pas par le nombre d’adhérents (il n’y a plus, sur ce critère, de parti de masse en France), ni par la dynamique militante (la moitié des adhérents du PS sont des élus). Mais par ce qu’il représente aux yeux des travailleurs. Les ouvriers, les employés, la jeunesse de notre pays, même si elle a (à raison) en horreur l’opportunisme égoïste des dirigeants socialistes, se souvient de la CMU, des 35 heures, des premières années Mitterand… Elle sait que, malgré la récession, elle a su maintenir certains de ses acquis à l’époque où la gauche unie dirigeait la France.

Le PS reste un parti de masse donc (30% aux européennes, sans faire campagne, sans programme et sans leader, tout de même… Sans parler des régionales), mais aussi un parti ouvrier, dans le sens où le monde du travail vote encore massivement pour lui. Il a dans certaines régions (moins dans la nôtre du fait de l’importance du PCF) le rôle qu’avaient les communistes dans les années 70. Si le PS parle, la plus grande part du salariat l’écoute. On observe donc une contradiction étonnante entre « ce que sont les positions du PS » et « ce que représente le PS aux yeux des masses ».

Les militants socialistes eux-mêmes, même s’ils sont rares, sont d’authentiques militants de gauche. Ils sont persuadés que le programme molasson de leur direction va améliorer durablement le sort des travailleurs. Parfois même ils sont conscients de l’incohérence de celui-ci, et le combattent. Mais qu’est ce qu’une minorité socialiste dans un parti dirigé par une clique bureaucratique acquise à la bourgeoisie ? Politiquement, rien. Et les dirigeants même de la fraction socialiste du PS se couchent à la première occasion : les actuels ténors du NON socialiste ont parfois été ministres sous Jospin. Comment est le bilan ? Globalement négatif.

Plus importante encore est la base sociale du PS. Regroupant l’essentiel du salariat, elle est la frange la plus potentiellement révolutionnaire de notre pays.


A l’expérience, ces militants, nos camarades, se rendront compte de l’ineptie du programme du PS. Les quelques réformes proposées ne pourront même pas être financées sans s’attaquer clairement à la propriété capitaliste. Même si elles sont appliquées, elles seront battues en brèche par une contre-offensive patronale si on ne prend pas la peine de nationaliser pour arracher le capital des mains des patrons. Fuite des capitaux ? Bah, nationalisons aussi les banques ! Sans indemnités. Voilà une politique favorable au salariat. Les socialistes ne peuvent mener une politique de gauche que s’ils apprennent le réalisme : le patronat n’a aucun intérêt à accepter des réformes sociales, et le monde ne se fait pas par la générosité. Sans violence politique, nous n’obtiendrons pas une société socialiste. Sans oser prendre parti pour « sa » classe, le PS ne pourra être de gauche, à la rigueur de « centre gauche », encore faudrait il savoir si ce concept existe.


A gauche, sans concessions, le Parti Communiste Français, parti du salariat


Que reste t il de sérieux, alors, et qui serait encore favorable au salariat ? Mais le Parti Communiste, bien sûr ! (Comment n’y avez-vous pas pensé avant ?)

Aucune des réformes immédiates proposées par le PCF n’est en faveur du patronat. L’ensemble de ses revendications sont donc « de gauche », dans le sens où elles sont en faveur des salariés. Pour les financer, il faudra s’attaquer au capital, taxer, mais aussi tout simplement récupérer la plus-value par la socialisation des moyens de production, par le biais de coopératives, mais aussi de nationalisations nouvelles et démocratiques.

Ce n’est pas un simple fantasme gauchiste, un slogan vide. Non seulement c’est une nécessité financière, mais il faut se mettre aussi à l’abri de toute contre-offensive patronale. Et le seul moyen d’empêcher le patronat de contre-attaquer, c’est de lui retirer ses moyens de le faire, de lui retirer son pouvoir économique. Qui dirigera l’économie, alors ? Les travailleurs, pardi ! Mais ce n’est pas le lieu pour développer cette idée.

Le seul moyen pour consolider les réformes favorables au salariat, c’est la Révolution, c'est-à-dire le renversement de la société par une autre. Or, on sait que ce sont les moyens de production qui, in fine, définissent une société. En donnant le pouvoir aux travailleurs, le Parti Communiste renverse donc la société capitaliste, accomplit une œuvre révolutionnaire.

Dans l’imaginaire collectif, le PCF est encore un puissant moteur de « l’identité de classe ». Il suffit de parler de « classe ouvrière », de « redéploiement industriel », etc, pour se faire taxer de communiste. C’est la preuve que le Parti et « sa » classe sont rattachés dans l’inconscient.

Xavier Dubois, article paru dans le n°1 du magazine débats.

par UEC publié dans : Idéologie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Contact

Pour nous contacter :

Par mail uec_lille@yahoo.fr

Par courrier Union des Etudiants Communistes, 18 rue d'inkermann, BP 1233, 59000 Lille

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus