Mercredi 12 juillet 2006

TERRE ET PAIX  

 

 

 

 

 

Dans la nuit 28 au 29 juin, la violence et le colonialisme des autorités israéliennes ont encore frappé.

64 responsables politiques palestiniens, dont 20 députés et 8 ministres ont été arrêtés par l’armée israélienne.


Cet événement montre une fois de plus la stratégie dévastatrice du gouvernement israélien. Ehud Olmert, président israélien a décidé de détruire l’Autorité palestinienne en refusant systématiquement les interlocuteurs palestiniens laïcs issus du Fatah, parti politique qui dirigeait l’autorité palestinienne.

Depuis l’arrivée d’Ariel Sharon, le gouvernement a tué et emprisonné 1600 militants politiques. Parmi ceux-là, certains auraient été capables d’avancer vers la paix, comme Marwan Barghouti, qui appelle à une paix négociée. Ariel Sharon, puis Ehud Olmert ont décidé de manière non négociée de construire un mur qui colonise toujours plus la Palestine. Dans le même temps, Israël s’est retiré sans négociations de la Bande de Gaza, avant de l’envahir à nouveau aujourd’hui. C’est cette politique unilatérale de la part du gouvernement israélien qui a amené le peuple palestinien à rejeter le Fatah aux dernières élections, avec comme conséquence aujourd’hui un gouvernement dirigé par le mouvement islamiste Hamas.

Ces arrestations massives de responsables politiques palestiniens n’arrivent pas à n’importe quel moment :

elles viennent pour détruire le petit espoir de paix qui était en train de naître.

Le Hamas vient juste de reconnaître le droit pour Israël d’exister : ce grand pas en avant a été fait dans la douleur grâce à l’initiative de prisonniers palestiniens de toutes les sensibilités palestiniennes qui ont réussit a se mettre d’accord sur un texte définissant la paix.

Certes ces arrestations se veulent la réplique à l’enlèvement d’un militaire israélien mais faut-il qu’un Etat réponde au terrorisme par la répression aveugle ? NON aujourd’hui les extrémistes palestiniens et le gouvernement de droite israélien marchent main dans la main pour alimenter la guerre.

Les citoyens, le gouvernement français et l’Union européenne doivent réaffirmer que la seule paix possible est une paix négociée entre les deux partenaires, que la seule voix possible, réclamée par les pacifistes israéliens et palestiniens est de créer deux Etats libres qui cohabitent l’un à côté de l’autre. Des résolutions internationales ont été votées à l’ONU ; elles doivent être appliquées :

  • - Création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 donc il faut arrêter le processus de colonisation en cours et démanteler les colonies présentes dans les frontières de la Palestine

  • - Jérusalem-Est comme capitale pour la Palestine

  • - Droit au retour des réfugiés

La communauté internationale doit s’engager et aider dans les négociations, l’ONU et l’Union Européenne doivent peser de tout leur poids pour imposer de nouvelles négociations

La loi de la « vendetta » n’apportera pas la paix

Comme son prédécesseur, le premier ministre israélien Ehud Olmert est droit dans ses bottes… de militaire. A peine élu, il poursuit la voix montrée par le bourreau de Sabra et Chatila Ariel Sharon : pas de négociation et des retraits unilatéraux avec l’appui de la force.

L’arrestation de huit ministres et 20 députés palestiniens constitue une véritable décapitation de l’Autorité palestinienne, au moment où les principales forces politiques palestiniennes viennent de signer pour la première fois un document d’entente nationale reconnaissant implicitement Israël.

Les jeunes communistes sont révoltés par la politique colonialiste, irresponsable et répressive d’Israël. Au contraire, les jeunes communistes prônent une solution négociée. L’Union européenne doit déployer tous ses efforts pour promouvoir enrayer le cycle infernal de la violence et permettre aux peuples israélien et palestinien de vivre dans la dignité et la paix. Cela passe par un règlement négocié du conflit dans le cadre des résolutions de l’ONU. De telles négociations ne peuvent se tenir que si les deux parties se reconnaissent mutuellement. Et ce n’est pas en affaiblissant les institutions palestiniennes, en arrêtant ses principaux responsables et en supprimant l’aide internationale que l’on ira dans ce sens.

La répression massive que mène Israël ne vient que consolider la spirale de la violence et n’offre aucune perspective de sortie de crise. Jamais la loi de la « vendetta » n’apportera la paix.

par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006

 

 LE LIBERALISME POURRIT 

  L'EMBAUCHE

LE LIBERALISME C'EST LA PRECARITE

REVOLTE !

Les solutions contre le chômage et la précarité…

C'est 30 ans de fausses solutions, de promesses non tenues, de cadeaux au grand capital…

 

 

 

Depuis plus de trente ans les politiques de l'emploi ne se sont limitées qu'à nous faire entrer dans la tête que seule la "flexibilité" peut créer de l'emploi. Depuis trente ans se sont succédés les contrats aidés tel que les TUC, CES, emplois jeunes ou contrats jeunes, CIP ou encore les récents CNE et CPE. A ces contrats se sont rajoutés tous les "cadeaux au patronat" que sont les différentes baisses de charges sociales. Les conséquences de cette politique sont pour nous désastreuses et s'appellent : chômage, petits boulots et précarité. En clair depuis trente ans la jeunesse de notre pays est sacrifiée sur l'autel du libéralisme. Nous sommes la première génération qui vivra moins bien que ses parents. Pour autant nous ne serons pas une jeunesse sacrifiée.


Les Jeunes ne sont pas une marchandise jetable !


La jeunesse s'est révoltée contre le CPE et a réussi à faire plier le gouvernement De Villepin. Nous avons assisté à un vrai "soulèvement national" de notre génération contre ce nouveau contrat précaire. Cependant il est évident que les Sarkozy, De Villepin et autre Chirac n'ont pas mesurer l'ampleur de la colère de la rue, ni même la portée de cette victoire qui doit en appeler d'autres.

Car rappelons-le, cette dernière mobilisation de la jeunesse est la 3ème en un an.

La 1ère fut le combat mené par les lycéens contre la loi Fillon. Le gouvernement Raffarin s'était débrouillé pour laisser la situation pourrir.

La 2ème fut la révolte des jeunes des classes populaires dans les banlieues. Sarkozy avait riposté par l'état d'urgence et le projet d'une "loi sur l'égalité des chances". C'est ce projet de loi qui contenait le CPE.

Seulement cette fois-ci ce fut toute la jeunesse lycéenne, étudiante, précaire, sans emploi et salariée qui s'est mobilisée et a refusé ce contrat d'esclave qui banalisait la précarité.


Tous ces événements mis bout à bout dessinent un front du refus qui rassemble toute la jeunesse face à un avenir d'exploitation et de précarité.

Nous avons crié haut et fort qu'un autre monde que celui dans lequel nous vivons était possible. Maintenant nous devons construire une alternative politique aux fausses solutions libérales.


Les Jeunes Communistes de Marcq-en-braoeul appellent à tourner le dos clairement aux politiques libérales. Nous souhaitons que la même unité populaire qui a permis le retrait du CPE puisse trouver des prolongements dans la recherche d'alternatives politiques pour sortir de toutes les précarités. Cela passera d'abord par le retrait de toute la "loi sur l'égalité des chances" qui instaurent le travail de nuit à 15 ans, l'apprentissage à 14 ans ou encore la suppression des allocations familiales aux parents d'enfants dits "difficiles".

Il est temps de penser une société dans laquelle il soit possible de se construire un avenir, c'est pour cela que nous proposons :

La sécurité d'emploi et de formation.


C'est alterner durant toute sa vie professionnelle, des périodes d'emploi et de formation sans passer par la case chômage ou précarité mais surtout garder ses revenus et ses droits. Cela répond aux besoins de formations permanentes pour tous. Concrètement, pour les jeunes, cela signifie un dispositif de nouveaux droits qui facilitent l'accès au logement, à la culture, aux transports, aux revenus (allocations d'étude, allocation de recherche d'un premier emploi ou allocation de retours à l'emploi ou à la formation.).


Ce dispositif est possible aujourd'hui car l'argent existe :

- Nous devons taxer les marchés financiers car la spéculation aspire les richesses et parasite le progrès économique et social.

- Le Cac 40 a augmenté de 23% en 2005.

- Les actionnaires des plus grosses entreprises ont empoché 22 milliards d'Euros en 2005.

- Le gouvernement continue pourtant de faire des cadeaux aux patrons.

- Nous devons exercer un contrôle sur l'utilisation des aides publiques pour l'emploi pour favoriser les entreprises qui créent des emplois stables en CDI, bien rémunérés, et offrant des formations valorisantes et non celles qui licencient pour faire plus de bénéfices et "engraisser" les actionnaires. Les élus et les citoyens doivent par ailleurs pouvoir contrôler les aides de l’Etat.

- Nous devons augmenter les salaires avec un SMIC à 1500 euros bruts par mois.


Tout ceci est aux antipodes des politiques menées actuellement par le gouvernement De Villepin/ Sarkozy. Ces derniers ont fait du libéralisme leur programme et ont instauré le CNE.


Contrat Nouvelle Embauche : une arme de plus pour les patrons.


Ce contrat, qui fut passé en force par le biais d'ordonnances le 4 août 2005, est un recul flagrant des droits des travailleurs. Dorénavant, les entreprises de moins de 20 salariés ont la possibilité de créer des emplois avec une période d'essai de 2 ans. C'est une autorisation légale pour l'employeur de licencier sans motif et sans réelle possibilité de recours de la part de l'employé.

Dans les faits, cela se traduit par une mise sous pression permanente des salariés contraints d'être corvéables à merci au risque d'être mis à la porte sans motif valable.

Le CNE crée des "salariés kleenex" et accentue la précarité.


La précarité sous toutes ses formes…


Le CNE est un "sous-contrat de travail" qui pose le problème de l'accès au logement notamment. Sur un marché de l'immobilier où les conditions d'obtention d'un logement même modeste sont de plus en plus drastiques, il est évident que le salarié en CNE rencontre les plus grandes difficultés pour se loger. La raison en est simple : il peut être priver de ressources du jour au lendemain. De la même façon l'obtention d'un simple prêt à la consommation devient alors un "vrai parcours du combattant" : quelle crédibilité a un salarié avec un CNE comme contrat en face d'un banquier pour qui la solvabilité est le seul critère pour accorder un prêt ?

En d'autres termes, le CNE c'est l'insécurité et l'incertitude comme seul projet d'avenir, en particulier pour les jeunes qui sont déjà les premières victimes de la précarité sous toutes ses formes.

Mais c'est également le point principal du "projet" de Sarkozy pour la France en 2007.


Le ministre de l'intérieur n'a que pour lui une soif de pouvoir dévorante et qui n'a aucune limite : ses dents ne rayent pas le parquet, elles le labourent, le retournent. Pour parvenir à ses fins il surfe sur tous les malaises : le chômage, l'inquiétude sociale et tous les rejets, sur le besoin de rupture…

La "méthode à sarko" c'est faire croire au changement et derrière un discours musclé relayé par tous les médias c'est promouvoir une France ultra libérale, une France "à l'américaine", une France de la précarité généralisée.


Le point principal du programme de Sarkozy : la libéralisation du marché de l'emploi.


Au lieu d'augmenter les salaires et d'accorder de nouveaux droits aux salariés, Sarkozy visent à appliquer le programme du MEDEF. C'est à dire la mort des 35 heures et un contrat de travail unique pour tous dont les garanties seraient renforcées au cours du temps. Le rêve de Sarkozy et le même que Laurence Parisot, présidente du MEDEF : des salariés corvéables à volonté, résignés et surtout sans aucuns droits. Bref un CNE/CPE pour tous !



 


PAROLES DE JEUNES PRECAIRES A MARCQ-EN-BAROEUL.

La précarité est un fléau qui touche aussi la jeunesse de Marcq-en-baroeul. Nous avons souhaité donner la parole à Ludovic, Corinne, Maxence et Audrey pour qu'ils nous livrent leurs témoignages sur leur condition de vie.


Ludovic, 32 ans.

"Je suis intérimaire depuis treize ans. J'ai effectué tous les métiers. De magasinier à ouvrier d'usine, baladé de chantier en chantier… Et aujourd'hui, où en suis-je ? Mon salaire ne change pas. Le mois dernier, je me battais avec d'autres intérimaires pour obtenir un euros de plus à l'heure : le patron a refusé… Je n'ai jamais accepté de remplacer un ouvrier licencié. Mais c'est une pratique utilisée. Ce qui fait mal aussi, c'est qu'on nous considère comme de vulgaires chewing gum : quand ça n'a plus de goût, on le jette!"


Corinne, 24 ans.

"La sécurité de l'emploi, voilà ce que promet la Droite. Parlons-en, à la lumière de mon expérience. Chaque nouvelle recherche d'emploi, quel qu'il soit, aboutit trop souvent à un échec. Ce n'est pourtant pas à cause d'une mauvaise volonté de ma part. J'ai, par exemple, pu obtenir un CES et participer ainsi à l'entretien des espaces verts. Bien que j'aie donné toute satisfaction dans mon travail, que j'ai obtenu mon diplôme de qualification, la DDE ne m'a finalement pas embauché. J'ai changé à plusieurs reprises d'orientation professionnelle, mais à chaque expérience, l'emploi a été de courte durée et sans embauche. Ma détermination et mon courage se résument donc en une addition de contrats précaires. Pourquoi cette situation ? Je montre toujours que je veux travailler. Il faut que cela change, et qu'à nous, les jeunes, on nous propose de vrais emplois."


Maxence, 23 ans.

"Que nous reste-t-il ? Il fut un temps où nous disions "attends un peu, c'est la fin du mois". Mais à présent la fin s'est transformée en milieu de mois ! Après avoir payé loyer, assurances, EDF-GDF (qui ne cessent d'augmenter), téléphone, …qu'avons-nous dans nos poches pour "profiter de la vie ?" Une simple sortie au cinéma devient un luxe, alors on se loue un DVD et on reste chez soi ! Un petit resto entre amis qui devient un Mc Do ! Et pour finir la soirée, une sortie en boîte où un verre coûte pratiquement le même prix que la bouteille en grande surface ! On ne peut plus continuer comme ça ! Où va notre jeunesse ? »


Audrey, 20 ans.

"Par les temps qui courent, il est difficile, voire impossible, pour nous les jeunes en particulier, de pouvoir bénéficier d'un moyen de transport. Acheter une voiture, même d'occasion, ce n'est pas facile, car les banques ne prêtent qu'à ceux qui ont un emploi stable : intérimaires, CNE s'abstenir ! Il reste ensuite à payer l'assurance et le carburant qui ne cessent d'augmenter. Avec le coût de la vie qui est de plus en plus élevé, et les salaires qui sont trop bas et ne changent pas, il est impossible de subvenir à tous nos besoins. Il est grand temps qu'ensemble nous réagissions…"




par UEC publié dans : Nos combats
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Mardi 11 juillet 2006

 La Révolution au Venezuela,

 en route vers le Socialisme !


 


Le Venezuela est un pays du nord de l’Amérique du Sud, bordé par la Colombie et le Brésil. C’est un vaste pays aux ressources naturelles importantes, gros producteur de pétrole, produisant une grosse part des importations américaines. Depuis 1998 et l’élection démocratique d’Hugo Chavez à la présidence de la République, le Venezuela est entrée dans la « révolution bolivarienne » (du nom de Simon Bolivar, le libertador, qui a émancipé les colonies de la couronne espagnole). Des nationalisations (sous contrôle ouvrier), une expansion des services publics, mais surtout une nouvelle constitution démocratique pour le pays ont été réalisés. C’est un pays qui marche vers le Socialisme, même si, pour le moment, on ne peut pas encore parler de « régime socialiste » dans ce pays. Mais ce qui nous intéresse particulièrement dans notre visée de transformation de la société c’est le fait que cette révolution est pleinement démocratique, et que c’est au contraire les forces capitalistes qui cherchent à déstabiliser la démocratie. Derrière elles, le soutien de toutes les grandes puissances impérialistes


  1. I - Historique de la révolution bolivarienne


La révolution bolivarienne tire ses sources des mouvements sociaux violemment réprimés en 1989. Une partie des forces armées (le rôle des forces armées est très important dans tout le processus révolutionnaire) soutient alors le peuple, leur meneur est un certain Hugo Chavez, issu du peuple. En 1992, il tente un putsch contre la droite réactionnaire et corrompue qui dirige le pays. C’est un échec, et le mouvement révolutionnaire tient une de ses faiblesses de ce passé trouble. Certains « trotskistes » tendant même à refuser encore Chavez pour son appartenance ancienne à l’armée et ce putsch.

Cependant, c’est démocratiquement que Chavez devient président en 1998, contre la candidate de la droite, Miss Univers, que soutenait l’ensemble des média. Chavez est élu avec 60% des voix.


  1. II - Contenus : une révolution nationale-démocratique évoluant aujourd’hui vers le socialisme


La constitution bolivarienne a été Approuvée par référendum, rédigée par une assemblée constituante. Elle est intéressante à comparer avec la Constitution européenne. Elle étend les droits des travailleurs au moins sur le papier, en proclamant le droit au travail, l’égalité hommes/femmes, la journée de 8 heures, etc. Mais au niveau politique, elle instaure notamment une possibilité de référendum révocatoire.

Article 72. Toutes les charges et magistratures de l'élection populaire sont révocables.
Passée la moitié de la période à laquelle a été élu le ou la fonctionnaire, un nombre qui ne peut être inférieur à vingt pour cent des électeurs ou électrices inscrit(e) s dans la circonscription correspondante pourra solliciter la convocation d'un référendum pour révoquer son mandat…

Mais le gouvernement bolivarien a aussi pris des mesures immédiates : augmentation du budget du système éducatif et introduction de la gratuité de l’école (+ 1 000 000 d’enfants scolarisés), ouverture de 3000 « écoles bolivariennes » qui proposent à tous des activités culturelles ou parascolaires… Des services publics ont été créés ou améliorés : irrigation, ramassage d’ordures… Les squatters, nombreux, sont confortés dans leurs droits. Jusque là, le programme de Chavez n’avait en soi rien de révolutionnaire (juste un réformisme véritable, et une volonté de renforcer la démocratie), mais une vague de mobilisation populaire a éclaté. Près de 10 000 cercles bolivariens se sont formés dans tout le pays, formant une sorte de « démocratie directe », un pouvoir populaire venant de la base.

Au nom du renforcement de la « souveraineté nationale » (mais il faut voir l’importance de ce concept en Amérique Latine écrasée par l’hégémonie américaine), Chavez a pris des mesures contre les dirigeants corrompus de la PDVSA, la grande industrie pétrolière du pays. Elle est une entreprise d’Etat, dans laquelle il a été remis de l’ordre, et qui a une importance économique énorme dans le pays.

Peu à peu, Chavez évolue vers le marxisme. L’opposition constante des capitalistes à ses réformes lui fait peu à peu entrevoir qu’on ne peut pas transiger, il faut dépasser le capitalisme. Aucun acquis populaire ne sera définitif dans un système capitalisme, et les références à Marx, à Lénine, fleurissent dans les discours. Les nationalisations sont en route, comme celle de Venapal, une papeterie géante. De même, Chavez a fait voter une loi qui permet aux ouvriers dont les usines ferment de former plus facilement des coopératives pour les remettre en état de marche. Résultat : la production a augmenté dans certaines entreprises. Il voulait simplement développer l’économie, mieux défendre le pays face aux Etats-Unis, et Chavez se retrouve en passe de construire le Socialisme, même si celui-ci semble encore assez flou et idéaliste aux yeux des dirigeants bolivariens.


  1. III - Les menaces


La haine de la classe capitaliste et des puissances impérialistes contre Chavez peut parfois être hystérique.

L’opposition tente en permanence de renverser Chavez, avec l’aide notamment des Etats-Unis. Le 11 avril 2002 a vu une tentative de coup d’Etat mené par des généraux réactionnaires, préparé par la presse, avec un soutien à peine masqué des Etats-Unis. Le palais présidentiel a été encerclé par la troupe. Chavez a été constitué prisonnier et enfermé non loin de la capitale. Quelques heures plus tard, un avion américain se posait à proximité de son lieu de détention. L’AFP a par ailleurs souligné la présence d’officiers américains au QG des putschistes. La télé publique a été privée d’antenne. Les chaînes privées annoncent la démission du président. Dans la journée, des francs tireurs agissant pour les putschistes ouvrent le feu sur les manifestants qui s’étaient déjà réunis. Les média prétendent que la fusillade a été ordonnée par Chavez. Un gouvernement et un président sont nommés, la Constitution suspendue. Les Etats-Unis et l’Espagne reconnaissent le nouveau gouvernement. Mais les jeunes et les travailleurs réagissent. Plusieurs centaines de milliers de manifestants prennent la rue. Ils voulaient voir où se trouvait Chavez. La foule se rassemble devant le palais et les casernes. Finalement, les soldats en faction à l’intérieur du palais présidentiel passent à l’action et arrêtent les membres du gouvernement transitoire. Le 13, Chavez est ramené à Caracas. Le coup d’état a échoué.

Après cela, il aurait été facile de mettre fin au capitalisme dans le pays. Les généraux, les banquiers, les capitalistes étaient tous impliqués dans le complot, et la nationalisation aurait été bien accueillie par la population. Mais Chavez a cherché à se ménager l’opposition. Les anciens dirigeants de la PDVSA ont été rétablis. Aucun militaire n’a été condamné. Du coup, une nouvelle offensive a été tentée.

Le 2 décembre 2002, lock-out (fermeture des usines) et sabotage économique. Cette campagne visait à miner la popularité de Chavez en étranglant l’économie. Des centaines de milliers d’ouvriers sont privés d’emploi, mais les ports sont également bloqués et certaines usines sabordées ! La PDVSA a été la principale cible, elle qui réalise 50% de revenus de l’Etat. Le renversement de Chavez intéresse d’ailleurs sur ce point fortement les américains. Le Venezuela est un des principaux fournisseurs des Etats-Unis. La fin de l’ère Chavez ouvrirait la voie à la privatisation. Les média français ont considéré ce sabotage comme une « grève générale » contre le régime. En fait, ce sont les travailleurs, notamment du secteur pétrolier, qui ont en échec le lock-out. Ils ont réparé ou remplacé les installations sabordées. Organisés méthodiquement, ils ont élu leurs responsables révocables à tout moment, et ont remis en marche les usines. Cette action constitue une preuve cinglante de la capacité des travailleurs à gérer l’outil de production eux-mêmes. La PDVSA est le 5e industrie du continent latino américain, et parmi les 50e industries les plus importantes. Cet exemple pourrait montrer au monde entier comment sortir du capitalisme. Cela explique peut être le silence de la presse bourgeoise et de la clique réformiste de notre pays. Le reste du peuple s’est mobilisé pour protéger les usines de nouveaux actes de sabotage, en concertation avec une partie de l’armée. La déclaration faite par l’opposition d’empêcher l’ouverture des écoles a enflammé le mouvement. Le 23 janvier, deux millions de travailleurs manifestent (c’est « la prise de Caracas »). L’opposition avait cherché à semer la panique en prétendant que les « hordes de Chavez » allaient piller les beaux quartiers. Les armes étaient prêtes. Elle a tout fait pour organiser un face à face violent entre les deux camps. Mais devant le gigantisme de la manifestation, l’opposition a renoncé au lock-out. Notons que dès lors certains syndicats soutiennent l’opposition contre le processus bolivarien, et appellent à la grève les travailleurs. Cet appel est peu suivi. Il y eut alors une scission dans le mouvement syndicale, avec la formation de l’UNT, l’Union Nationale des Travailleurs, bolivarienne, que les syndicats français n’ont pas encore tous reconnu.

Cette fois-ci, Chavez est offensif. Le 20 février, le président du « MEDEF » vénézuélien (Carlos Fernandez) est arrêté. Il sera inculpé de haute trahison. Par ailleurs, le président approfondit la révolution. Des mesures contre la fuite des capitaux sont prises, ainsi qu’un dispositif de contrôle des prix. Il incite les comités populaires à étendre également leur action. Mais la classe bourgeoise conserve l’économie, même si la PDVSA est « nettoyée ». 12 000 techniciens et directeurs proches des saboteurs sont licenciés. Seulement, la structure hiérarchique n’est pas modifiée, alors que les travailleurs ont appris à se gérer eux-mêmes. On pourrait espérer un passage à une vraie gestion démocratique et socialiste de l’industrie. Dans le secteur privé, les capitalistes baissent les salaires et suppriment les congés pour faire rattraper les pertes du lock-out ! Leur cynisme va parfois jusqu’à la fermeture, prétextant de trop grosses pertes consécutives à leur propre lock-out. En février 2003, un congrès syndical demande dans toutes les usines fermées la création de comités ouvriers réclamant la nationalisation.

La Constitution bolivarienne donne la possibilité d’un référendum révocatoire, nous l’avons vu. L’opposition s’en sert, et le gouvernement accorde ce référendum. Le 15 août 2004, avec 90% de participation, près de 60% des électeurs demandent le maintien de Chavez en poste. L’opposition a contesté les résultats. Seulement, il y avait des observateurs internationaux, même américains, et ils n’ont rien trouve à dire. L’organisation du référendum (demandé par l’opposition) était en réalité frauduleuse. Il nécessitait 2.4 millions de signatures. Or, elles n’étaient pas tout à fait obtenues, et en plus il était notoire (de l’aveu même de certains dirigeants de l’opposition) qu’on trouvait nombre de doubles signatures, et aussi des signatures de défunts… Cependant, face aux pressions de Washington, le gouvernement l’a quand même organisé.

En début d’année, aux municipales, les partis pro-Chavez ont obtenu 80% des suffrages. Le Parti Commune Venezuelien est devenu alors le deuxième parti de la capitale. Enfin, il y a quelques jours, l’opposition a choisi de boycotter un scrutin législatif. De l’aveu des observateurs internationaux, on ne comprend pas bien ce retrait, puisque absolument aucune fraude n’a été signalée. La participation a été de 25%, ce qui est une réussite, même si l’opposition se sert de ce chiffre pour crier à la parodie démocratique. En 1992, l’UD (Union Démocratique, centre droit) avait remporté les élections… avec 12% de votants. Personne n’avait trouvé à contester. Mais les capitalistes ne sont démocrates que lorsque ça les arrange.


  1. IV - Perspectives


Depuis le référendum, on observe une accélération du processus. Il y a toujours plus de nationalisations (dont de plus en plus sous contrôles ouvriers, via les coopératives), et une réforme agraire a été entreprise. Il faut dire que le Venezuela possède un énorme potentiel agricole, mais que les capitalistes, propriétaires des terres, n’utilisent pas. En effet, l’industrie est plus rentable. Une grande partie des latifundia sont à l’abandon, alors que le pays doit importer de la nourriture ! Le gouvernement a entrepris une relative redistribution des terres.

Il faut désormais que le mouvement révolutionnaire passe définitivement au Socialisme. Il faudra que l’économie passe sous contrôle total et démocratique des travailleurs, secondés dans un premier temps par l’Etat, et limoger ceux qui soutiennent la contre-révolution dans les forces armées (et donc violant la légalité, qui est du côté, pour une fois, de la révolution) parce que l’opposition finira par avoir raison de la patience des travailleurs, qui ne disposent pas d’une énergie indéfinie… La contre-révolution soutenue par les puissances capitalistes pourrait être terrible. L’instauration d’un régime socialiste dans ce pays serait un message immense envers les travailleurs du monde entier : le Socialisme serait au pouvoir quelque part dans le monde, et démocratiquement… Ce pourrait être aussi pour Cuba une bouffée d’oxygène, qui romprait ainsi son isolement provoqué par les décennies de blocus imposés par les Etats-Unis. Alors, la consolidation du Socialisme dans l’île par une démocratisation du régime deviendrait peut-être enfin possible, grâce à l’internationalisme et le développement des relations entre Etats socialistes. Les conséquences en Amérique du Sud seraient immenses, vus les mouvement progressistes qui peuvent émerger ici et là : Mexique, Uruguay, Bolivie (voir l’arrivée au pouvoir de Morales, et la prochaine nationalisation du gaz), Brésil, Colombie, Argentine. La forte proportion hispanophone aux Etats-Unis pourrait même faire en sorte que l’impulsion progressiste touche la première puissance mondiale en son sein.

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Mardi 11 juillet 2006

Un appel de « l’Humanité » :
NON A L’ACHARNEMENT REPRESSIF !

AMNISTIE DES JEUNES ANTI-CPE

Pendant deux mois, notre pays a connu une mobilisation exceptionnelle pour exiger le retrait du CPE. Les millions de lycéens, d’étudiants, de salariés engagés dans ce mouvement ont finalement obtenu gain de cause. Or, des milliers de jeunes, interpellés lors des manifestations de ces dernières semaines alors qu’aucun de leurs agissements ne peut être assimilé à un comportement de « casseurs », sont condamnés à la chaîne par les tribunaux. Cet acharnement répressif est d’autant plus inadmissible que les exemples abondent qui révèlent l’injustice et l’arbitraire de ces arrestations et le plus souvent de ces condamnations. Alors que le CPE a vécu, il serait totalement incompréhensible que le pouvoir continue à vouloir faire payer sa défaite aux jeunes engagés dans ce mouvement. Nous demandons l’arrêt de toutes les poursuites engagées contre des jeunes anti-CPE et l’amnistie des peines déjà prononcées à leur encontre.

Premiers signataires : Cédric Clérin (MJC), Razzye Hammadi (MJS), Bruno Julliard (UNEF), Tristan Rouquier (FIDL), Karl Stoeckel (UNL), Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité), Pierre Laurent (directeur de la rédaction de l’Humanité), Nicole Borvo (sénatrice, PCF), Jean-Pierre Dubois (président de la Ligue des droits de l’homme), Maryse Dumas (CGT), Frédéric Dutoit (député, PCF), Fondation Abbé-Pierre,Henri Leclerc (avocat, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme), Dominique Noguères (avocate), Irène Terrel (avocate), Michel Toubiana (président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme)Jean-Jacques de Felice (avocat), Mouloud Aounit (MRAP), Jean-Claude Amara (Droits devant), Jean-Baptiste Eyraud (DAL), Charles Hoarau (comité chômeurs, CGT des Bouches-du-Rhône).

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Mardi 11 juillet 2006
 

Non à l'homophobie !

Oui à l'adoption, 

Oui au mariage pour tous!



Alors que plusieurs pays européens ont déjà fait le choix de reconnaître une pleine égalité de droits entre couple homosexuel et hétérosexuel, la question en France semble toujours cantonnée à une question obsolète : les homosexuels sont-ils capables d'élever des enfants? Cette question est depuis longtemps tranchée : oui, les couples homosexuels peuvent élever des enfants et en élèvent déjà. En effet près de 200 000 enfants dans notre pays sont élevés par des couples homosexuels en toute légalité mais à la charge d'un des deux parents.

Alors qu'est-ce qui se cache derrière cette question? Une homophobie larvée.

En effet, pour bon nombre de détracteurs du droit d'adoption pour les couples homosexuels, l'homosexualité est un "fléau nuisible pour l'humanité". C'est sur ce constat que des députés UMP tels que Christian Vanneste ou encore Marie-Christine Boutin combattent le droit à l'adoption pour tous les parents. C'est aussi pour cela qu'ils combattent l'accès au mariage civil pour les couples de même sexe.


Pour l'égalité entre tous les citoyens


La lutte contre l'homophobie devra passer par des actes forts qui marqueront les esprits. Pour les jeunes et les étudiants communistes, il n'y a aucune distinction à établir entre tous les citoyens et citoyennes de notre pays. La loi établit des droits et des devoirs pour tous et c'est dans cet esprit que nous devons exiger l'accès au mariage et à l'adoption pour tous.


Alors ensemble combattons l'homophobie

et exigeons l'égalité entre tous!

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