Mardi 11 juillet 2006

Les Réformes de l’enseignement supérieur : ils vendent nos formations !!!

Autonomie des universités, mise en place du LMD (Licence – Mastère - Doctorat)… Le gouvernement Raffarin et le ministre de l’éducation Luc Ferry ont entrepris la révolution libérale de l’enseignement supérieur.


A l’heure de la révolution informationnelle, la question des savoirs et leur accès à tous est une chance sans précédent pour le développement de l’humanité. La place de la formation est de plus en plus essentielle dans nos sociétés. Son accès démocratique devrait permettre le libre développement de chacun, assurer l’égalité entre tous les citoyens, faire vivre les solidarités.


Ces réformes sont tout le contraire : sélection sociale, concurrence, appauvrissement des savoirs universels, vision utilitariste du savoir. C’est une université au service de la rentabilité que prépare le gouvernement.


Ces politiques s’inscrivent dans le cadre d’une mondialisation libérale au service de ceux qui voient dans l’éducation un marché juteux et qui ont bien compris que son contrôle est un outil de domination essentiel.


Ces réformes dévoient nos aspirations légitimes à trouver un emploi, notre volonté de mobilité européenne pour assujettir l’université aux besoins du marché.

Loin de ses missions citoyennes, culturelles, l’enseignement supérieur sera bientôt, si nous ne faisons rien, le centre de formation des entreprises, formant des travailleurs flexibles et dociles.


L’Union des Etudiants Communistes propose de mettre en débat l’avenir de la formation, enjeu essentiel pour construire nos vies, nos choix et la société dans laquelle nous voulons vivre. Ce livret se propose de mettre à jour les logiques qui animent ces réformes, de décrypter les véritables conséquences de l’application des réformes en cours.


Parce que ces logiques ne sont pas inéluctables nous voulons construire un autre enseignement supérieur fonder sur l’accès de tous à une formation de qualité et à la réussite. Une université citoyenne qui nous permette de comprendre le monde pour mieux le transformer.

Réforme LMD : une pédagogie de la sélection


Réduction des niveaux de sortie.


Les seuls diplômes qui seront délivrés seront les Licence (bac+3), Mastère (bac+5) et Doctorat (bac+8). Les autres diplômes (bac+2, etc.) vont disparaître. Ceux qui avaient des difficultés à obtenir un DEUG, notamment à cause de salariat étudiant, devront réussir une année supplémentaire pour ne pas sortir avec le seul bac en poche. D’autant que la Licence étant ouverte de droit aux bacheliers et le Mastère aux licenciés, la sélection va se faire "de l’intérieur", après un ou deux ans d’études pouvant ne pas être validés. Les étudiants de milieux populaires qui hésitent déjà à s’engager dans des études risquent de renoncer.


Filiarisation étanche, élitisme, torpillage du premier cycle.


Il y aura 2 licences, "professionnalisantes" OU "générales". Celle-ci permettra l’entrée en Mastère "recherche" menant lui-même au Doctorat. Les licences "pro" mèneront directement au travail et éventuellement en Mastère professionnalisant, mais l’entrée en Mastère recherche (donc en Doctorat) sera interdit. Les enfants de milieux populaires, qui vont dans les filières générales et font de la recherche, vont se raréfier encore plus, attirés par le faux découpage entre filières professionnalisantes censées offrir un métier et générales vidées de leur sens.


L’objectif annoncé est d’harmoniser les diplômes européens. Mais toutes les autres universités en Europe, pratiquent la sélection à l’entrée. Si l’égalité effective de réussite est loin d’être à l’œuvre dans notre système actuel, harmoniser sur l’exemple de ce qui est le plus répandu signifie revenir à une université élitiste, renoncer à l’ambition de la démocratisation.


L’harmonisation proposée ne parle que des formations, pas des populations d’étudiants. Mais la modification du contenu des formations va vers plus d’élitisme. En premier cycle, les enseignements ne seront plus en lien avec la recherche (ce ne seront plus des profs de fac qui enseigneront) : en devenant un lycée-bis, la formation ne préparera pas les étudiants à continuer en Mastère. La réforme cède sur l’accès en premier cycle, mais en le torpillant pour rendre le second cycle élitiste.


Les étudiants échouent souvent aujourd'hui car entre différents cours, ils ont du mal à comprendre ce qu’on attend d’eux pour réussir : s’approprier la logique d’une discipline. Or, la réforme libérale supprime l’enseignement par disciplines (remplacé par des réflexions sur des thèmes) ; elle transforme les « cours » en « crédits » capitalisables entre différentes facs européennes : qui pourra comprendre qu’une formation, c’est plus que l’addition de contenus isolés ? Et qui pourra se permettre d’aller étudier en Espagne ou en Angleterre alors qu’on a déjà du mal à se payer nos livres ?


Si l’interdisciplinarité peut être source de richesse et d’accès a différents savoirs, elle ne peut se faire sans cohérence pédagogique et des moyens supplémentaires pour encadrer les étudiants.


Au même moment, Ferry lance la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Encore plus qu’aujourd'hui, leurs différentes tâches vont être mises en concurrence : enseignement, recherche, administration... Les étudiants comme la recherche ont peu à gagner à une moins grande disponibilité des profs.

Une stratégie globale d’adaptation de l’université à la loi du marché 

1. La mise en concurrence des universités :


La fin du cadre national des diplômes. 


Jusqu'à aujourd’hui, l’enseignement supérieur français était organisé de manière à permettre un accès équivalent de tous les étudiants du territoire national à des formations identiques et nationalement reconnues. Ce système permet une cohérence géographique dans la répartition des diplômes et une égalité des étudiants devant les diplômes.

Pour la mise en place du LMD, le gouvernement a choisi d’appliquer le principe d’autonomie pédagogique. Chaque fac peut donc à sa guise décider des nouveaux diplômes qu’elle propose.

De ce fait, l’offre de formation devient complètement différente d’une université à l’autre. Les intitulés, les contenus, les modalités de contrôle des connaissances, les volumes horaires, seront d’une incroyable disparité d’une fac à l’autre. Le ministère ne prévoyant aucun dispositif sérieux pour habiliter les diplômes. L’objectif d’harmonisation est ici complètement contradictoire avec l’accroissement des disparités.

De plus, chaque fac est invitée à se spécialiser dans plusieurs grands domaines (pôles d’excellences) et donc à sacrifier les autres. Pour choisir ces domaines, les universités doivent se « positionner sur le marché des diplômes ». Il est évident que dans cette course à l’offre de formation, les plus grosses universités choisissent, les autres ramassent les miettes.

Nous passons donc d’une logique d’harmonisation à une logique de concurrence.


La professionnalisation de l’enseignement supérieur.


Le gouvernement s’appuie sur les aspirations étudiantes à trouver un emploi après les études pour y apporter sa réponse : la professionnalisation. Outre le fait décrit plus haut que la refonte des parcours de formation sera faite sous forme d’incitation à aller dans les diplômes professionnalisant sans espoir de continuer ses études après, c’est la philosophie même de l’université qui est en danger.

En effet les missions de l’université étaient jusqu’alors de permettre aux étudiants d’accéder à un niveau de connaissances générales qui est le meilleur facteur d’intégration et sur le marché du travail et dans la société elle-même. Rappelons que les analyses montrent que les filières professionalisantes ne permettent pas une meilleure insertion sur le marché du travail. Le facteur essentiel restant le niveau d’étude atteint, gravement remis en cause dans le LMD. D’autre part le niveau de connaissances générales est un atout pour la mobilité dans le travail. La logique des réformes en cours est au contraire la spécialisation et la professionnalisation à outrance et ce pour un type et un bassin d’emploi donné.

En fait il s’agit de choisir entre une université chargée de former des citoyens capables d’appréhender le monde, d’avoir accès aux savoirs, à la culture sans perdre de vue l’insertion professionnelle ou bien une université uniquement au service des intérêts des entreprises visant à l’employabilité des étudiants.


2. Le financement, un enjeu central :


L’Etat se désengage.


Ce fut l’une des premières actions du gouvernement : faire un budget en trompe l’œil. Si le budget de l’enseignement supérieur augmente de 1,15 %, cette augmentation est inférieure à l’inflation et résultant essentiellement de l’effet mécanique des rémunérations des emplois créés en 2002, contrairement aux effets d’annonce, les moyens sont donc en baisse par rapport à 2002. Pour 2004 le tableau sera encore plus noir…0%.C’est dans le domaine de la recherche que la situation est la plus alarmante : baisse du budget, gel de 30% des crédits alloués au CNRS, annulation de 30 millions d’euros de crédits prévus en décembre dernier, les décisions sont claires…


Les effets des réductions de dotations se sont déjà fait sentir à la fac d’Orsay ou celle de Toulouse obligées de fermer une partie de l’établissement faute de moyens. Les DGF (dotation globale de fonctionnement) sont en baisse généralisée, de nombreuses universités ont bien du mal a bouclé leur budget.


De nouveaux financements ; Privé et collectivités.


Face à ce désengagement de l’état, les universités se tournent logiquement vers le privé et les collectivités locales pour boucler les budgets. C’est là une des bases des politiques libérales, réduire le rôle de l’Etat au minimum et laisser au privé le soin de faire librement ses profits.


Cette décentralisation des financements entraînera des disparités croissantes entre fac riche dans les régions riches et facs pauvres dans les régions pauvres et un enseignement supérieur de plus en plus à deux vitesses.


La hausse des frais d’inscriptions.


L’une des réponses au désengagement de l’Etat est de « faire participer les étudiants au financement de leurs études ». Il, s’agit donc d’une hausse des frais d’inscriptions qui sera une nouvelle barrière sélective pour l’entrée à l’université. L’IEP Paris a ouvert la voie en décidant, appuyé par le gouvernement, de se lancer dans cette logique en projetant de tripler voir quadrupler les frais d’inscriptions. C’est déjà le cas dans les autres pays d’Europe engagés dans le processus d’harmonisation européenne (Voir P 6). Ces mesures sont un véritable recul pour la démocratisation de l’enseignement supérieur qui deviendra une affaire de riches, cette logique tend à transformer les étudiants non plus en usagers du service public (à défaut d’être acteur de nos formations) mais en client pur et simple.



3. De nouveaux décideurs dans l’université :


La baisse du budget et la bataille idéologique sur la nécessaire professionnalisation, entraînent un changement de pouvoir dans l’université, selon le principe du « celui qui paye, décide ». Ceci est formaliser par le gouvernement dans sa loi sur l’autonomie des universités, qui donne le pouvoir d’intervention au privé et aux élus locaux. Le texte prévoit en effet la création dans chaque université de « conseil d’orientation stratégique » composé de personnalités qualifiées extérieures désignées en nombre égal par le recteur, le CA, le conseil économique et social et les grands organismes nationaux. Ce conseil sera consulté sur le projet d’établissement (qui fixe pour 4 ans les priorités de développement de l’université) ainsi que sur les candidatures à la présidence.

Le privé dans les contenus.


Comme on l’a vu, la déréglementation des diplômes va entraîner de nouveaux contenus, les entreprises privées auront donc tout loisir d’intervenir dans ceux ci, en fonction de leurs besoins contre leurs contributions financières. A ce jeu il est bien évident que les sciences sociales et humaines seront les premières victimes des choix à faire. Le terme de filière « non rentable » prend ici tout son sens. Il n’est effectivement pas immédiatement rentable pour une entreprise de financer une licence d’histoire ou de philosophie. Par contre les licences pro hyper spécialisée attireront les capitaux.


Recherche et privé.


Ce problème d’entrée du privé à l’université, est particulièrement aigu en ce qui concerne la recherche. En effet entre recherche pour le bien commun et recherche pour le profit des entreprises il y a, bien souvent, contradiction. Le modèle américain est de ce point de vue éclairant : les laboratoires sont là-bas financés très largement par le privé, ce qui crée de multiples conflits d’intérêts. Le métier de chercheur a grandement évolué et la plupart recherchent pour une entreprise dont ils sont eux-mêmes actionnaires. On imagine l’objectivité des résultats. (voir p. 6)

La recherche serait donc soumise à des critères de rentabilité, dictés par des entreprises choisissant les domaines de recherche qui leur sont utiles et non pas sur des critères d’utilité sociale et de satisfactions des besoins humains.


Université et collectivités.


Les seconds nouveaux acteurs de l’université seraient les collectivités territoriales. La loi prévoit l’instauration de partenariat dans divers domaines d’intervention de l’université. Elles pourront porter notamment sur la formation professionnelle, l’information et l’orientation des étudiants, la vie universitaire. C’est donc en fonction des besoins locaux que seront mises en place les formations mais plus largement de larges pans de la politique universitaire.. Ceci implique que l’université sera assujettie aux choix politiques des majorités en place et donc facteur de disparité sur le territoire.

La conjugaison d’acteurs politiques et économiques locaux comme principaux décideurs dans l’université et la fin du cadre national des diplômes, sera non seulement facteurs d’inégalités, mais orientera inévitablement l’université vers les bassins d’emplois locaux. Et on nous parle de mobilité européenne ?

Ces réformes dans les directions des universités posent la question de la démocratie dans l’université. Le risque est grand de voir les institutions représentatives de la communauté universitaire (étudiants, enseignants-chercheurs, IATOSS) devenir de simple chambre d’enregistrement des décisions des bailleurs de fonds.


Changement de statut : la sélection légalisée.


D’autre part la loi sur l’autonomie des universités, autorise les changements de statuts, régis par des règles très souples. (voir annexe) Ce qui signifie que les universités pourront se muer en établissement de technologie avec donc sélection a l’entrée. C’est déjà le désir d’une université comme Dauphine, qui va pouvoir sélectionner légalement ses étudiants à l’entrée (acte illégal jusqu’ici).

 

A quoi ressemblera l’enseignement supérieur de demain ?


Le modèle Américain.


Sous couvert d’harmonisation européenne c’est en fait le système anglo-saxon que nous sommes en train d’importer.


Aux Etats-Unis le découpage 3/5/8 existe déjà. Les mêmes logiques ont fait naître l’enseignement supérieur américain, élitiste, soumis aux besoins de rentabilité. Il y a 20 ans l’université de Berkeley était financée presque totalement par l’Etat de Californie. Elle ne l’était plus qu’à hauteur de 34% en 1999. Entre temps l’université, c’est couverte de logos privés en tout genre, la business school porte le nom de la famille héritière des jeans Levi’s et le doyen est devenu « Bank of America Dean » (Président).


Seules les filières qui « gagnent de l’argent », « étudient l’argent » ou « attirent l’argent » profitent du système, les autres sont soit négligées soit abandonnées. Le privé fait la pluie et le beau temps dans l’université américaine, jusqu’à mettre en péril la démocratie. C’est ainsi que Nike a suspendu son concours financier à trois universités sous prétexte que leurs étudiants avaient critiqué certaines de leurs pratiques dans les pays pauvres, en particulier en matière d’emploi d’enfants.


La recherche désintéressée, et curiosité intellectuelle font figure d’archaïsme. La collusion de la recherche et des intérêts privés et leurs dérives sont légions. C’est ainsi que M. Charles Thomas, criminologue, vante par ses « recherches » les vertus de la privatisation des prisons, recherches financées par… des entreprises pénales privées !!! Autre exemple : une enquête du Los Angeles Tîmes montre que 19 des 40 articles publiés en 3 ans dans la rubrique « drug therapy » d’une prestigieuse revue médicale avaient été rédigés par des médecins rémunérés par les fabricants des médicaments qu’ils étaient chargés d’évaluer. On retrouve donc dans le modèle américain touts les dangers qui planent sur l’université française, à mille lieux de ce que devrait être le service public.


Déjà en Europe la libéralisation avance…


Les pays européens ayant signés le processus de Bologne sont pour la plupart en avance sur nous dans son application. Partout les conséquences sont les mêmes : hausse des frais d’inscriptions, privatisations (fac Motorola en Italie), sélection accrue …


- Au Royaume Uni, un système est sur le point d’être mis en place prévoyant une hausse passant les droits de 1500 (10.000f !) à 4337 euros (28.450f). Les étudiants devant rembourser leur formation une fois sur le marché du travail. La spécialisation entraîne une distinction entre université recherche et université uniquement destinée à l’enseignement. Les entreprises financent entièrement des filières construites selon leurs besoins. (source « les échos » 6 mai 2003)

- En Allemagne, instauration des frais de scolarité, restructuration du système d'éducation selon les propositions de groupes néolibéraux (comme le C.H.E, Centre Pour le Développement des Universités, lié au groupe Bertelsmann)

- Aux Pays-Bas, le ministre Jorritsma a déclaré que les universités devraient être jugées en fonction de leurs capacités à s'adapter au marché.

- Au Danemark volonté du gouvernement de réduire les budgets de l'éducation de 15% sur trois ans.

- En Espagne, instauration de la L.O.U (Ley Organica de Universidades), qui veut faire fonctionner les universités sous un strict critère de management (faire entrer les entreprises dans les universités, et encourager les Universités à se financer en se mettant en concurrence pour des fonds privés) ; restriction des bourses ; chaque année, baisse du pourcentage du P.I.B. destiné à l'enseignement supérieur (0.8% en Espagne, contre 1.33% en moyenne, en Europe)

Pour une université Libre et démocratique


Aujourd’hui deux idéologies s’affrontent : la première, libérale, décide de mettre à profit les savoirs pour faire plus d’argent et donc renie sur les dépenses nécessaires à accorder à la formation. La deuxième, la nôtre, décide d’investir dans la formation pour profiter des avantages des avancées : partage des savoirs, formation de chacun, travail pour tous. Voici quelques propositions pour transformer l’enseignement supérieur :


Une université lieu de savoir ouvert sur la société :


L’université permet d’avoir accès à des savoirs qui sont une richesse en soi et qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs. Nous voulons aussi nous former pour nous-mêmes, pour notre épanouissement personnel et avoir accès dans notre vie à toutes les technologies.

Nous voulons donc construire une université de tous les savoirs mais ouverte sur la société. Les nécessaires débouchés de nos études doivent se penser dans une perspective de transformation du marché du travail débarrassé de la seule logique de rentabilité, visant à la satisfaction des besoins humains. Nous voulons établir un lien entre le monde du travail et nos formations constituant une vraie porte d’entrée à l’emploi stable et qualifié.

Nos propositions  de créer des Maisons de l’Emploi et des Stages sur chaque campus pour décider, avec tous les acteurs concernés, des emplois et des stages que nous voulons, et des nouveaux emplois à créer. 


Une autre université pour une autre Europe :


A l’heure où les technologies de l’information permettent l’internationalisation des savoirs, où l’Europe devient une réalité de plus en plus palpable dans nombre de domaines, où nombre de questions sont débattues à l’échelle européenne, très peu de citoyens ont l’occasion de profiter des avantages de cette Europe : apprentissage d’une autre culture, découverte d’autres formes de travail…

Nous proposons la construction d’un espace qui ait pour mission d’assurer des passerelles entre les étudiants, les chercheurs, les universités européennes. Cet espace, par les missions de service public qu’il assumerait, donnerait à tous les moyens de la mobilité européenne, dans le respect de la diversité de chaque pays. A terme, c’est la démocratisation des enseignements supérieurs européens qui est visée.


Une université Citoyenne :


Le moment de formation doit être aussi une formation à la citoyenneté. Aujourd'hui plus que jamais il y a besoin de repenser l'organisation de l'université pour qu'elle fasse une plus grande place à l'intervention des étudiants. Que l'enseignant puisse déverser son savoir, sans plus de détail, sans plus de débat, c'est une conception obsolète de la pédagogie

Parce que cette exigence de démocratie est valable partout dans la société, elle l’est aussi pour l’université. Aujourd’hui, tout reste à inventer en matière de lieux qui permettent à chacun de décider, ceux existant s’avérant complètement insuffisants. Quand l’expression étudiante est bafouée au quotidien, il n’est pas étonnant que le sentiment de ne pas être suffisamment pris en compte l’emporte sur l’utilité d’aller voter.

Pour cela, nous exigeons la mise à disposition de tous les moyens permettant l’expression de la citoyenneté à l’université et d’encourager tout projet citoyen étudiant. L’accès au financement de ces projets étudiants. L’aide des universités, à tous les niveaux, pour promouvoir la citoyenneté dans l’enseignement supérieur.

Proposons de créer un Conseil qui rassemblerait l'ensemble des acteurs associatifs, syndicaux, politiques, sportifs, culturels… et l'ensemble des étudiants. Ce conseil serait le lieu d'élaboration de la politique universitaire en matière de Vie Etudiante.


Investir dans la jeunesse ;


Pour garantir son avenir, la société doit investir dans la formation de tous les jeunes pour pouvoir assurer ses besoins futurs. Les étudiants connaissent des conditions sociales de plus en plus difficiles qui freinent voire empêchent leurs possibilités de réussir. Une véritable sélection s’opère à l’intérieur de l’université par les moyens financiers et matériels.

Pour y parvenir, celui-ci doit fournir des réponses adéquates à la multitude de situations que rencontrent les jeunes en formation supérieure afin de construire un système universitaire émancipateur et non reproduire et accentuer les inégalités sociales

Les propositions sont :

Dans le cadre de la construction de milliers de logements sociaux prévus par la loi Besson / Gayssot, exigeons qu’un pourcentage conséquent par immeuble soit réservé aux étudiants. Cette mesure répondra à la situation précaire des étudiants face au logement, et favorisera ainsi une mixité sociale.

Le système des bourses doit être révolutionné pour répondre à la diversité des situations : allocation de formation (selon l’année d’études), allocation de recherche de premier emploi...élargissement et augmentation de l’allocation d’étude à l’étranger.Au lieu du gâchis financier actuel avec les indemnisations coûteuses du chômage, les exonérations des charges sociales des entreprises, utiliser cet argent pour créer de nouveaux emplois ?

Pour une rentrée de lutte !!


Le gouvernement Raffarin attaque sur tous les fronts : éducation, retraites, sécurité sociale, décentralisation. Il ne s’agit pas là de réformes isolées mais d’un véritable projet libéral de société. Le service public dans toutes ses composantes est le premier visé. Il s’agit pour Raffarin, soutenu par le MEDEF, de détruire tout ce que la société française compte de système de solidarité et de les soumettre à la logique du marché. Il s’agit de véritables régressions. Tous les acquis sociaux sont en ligne de mire.


Face aux attaques du gouvernement : Résistance !!!


Les mobilisations du printemps ont permis de faire reculer le gouvernement sur le projet d’autonomie des universités. Malgré l’engagement de centaines de milliers d’hommes et de femmes le gouvernement n’a pas encore reculé sur son projet de réforme des retraites. Les étudiants, alors en examen, ont cruellement manqué au mouvement !!! Cette rentrée doit être celle d’une mobilisation la plus large possible pour montrer au gouvernement que nous ne nous laisserons pas faire. Il est possible de le faire reculer comme nous l’avons fait en 1995 ou en 1986.


Construire l’alternative politique


L’Union des Etudiants Communistes met en débat ses propositions pour transformer l’enseignement supérieur et la société. C’est avec tous les étudiants qui le désirent que nous avons l’ambition de changer la société. Nous voulons vivre une citoyenneté active sur nos facs et ailleurs pour en finir avec inégalités, racisme, sexisme, exclusion, exploitation. Ce sont autant de terrains de lutte pour les étudiants communistes. Le Pen au deuxième tour, la guerre de Bush en Irak, la violence permanente au proche orient, la politique libérale et répressive du gouvernement sont autant de raisons de s’engager pour changer la donne.

Nous voulons construire un monde fonder sur l’égalité, la solidarité, le partage des richesses et des savoirs, a l’opposé des destructions sociales et humaines, des dominations multiples organisées par le capitalisme.

Pas question de remettre nos rêves à demain...


Les étudiants communistes mettent à ta disposition 3 réseaux d’échanges, de débat, d’action, de lutte: le RAP, la Chaîne Humaine, et celui de la Solidarité Internationale. L’UEC, ses cercles, ses réseaux, ses débats, c’est la possibilité d’être en contact, d’être acteur pour débattre, réfléchir, agir pour changer l’université et la société.

par UEC publié dans : Vie étudiante
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Voir tous les articles

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Contact

Pour nous contacter :

Par mail uec_lille@yahoo.fr

Par courrier Union des Etudiants Communistes, 18 rue d'inkermann, BP 1233, 59000 Lille

Blog : Artiste sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus