Mardi 11 juillet 2006

 T’as déjà fait un stage ?


Nous sommes presque tous, à un moment donné de notre cursus, amenés à faire un stage. 95% des jeunes diplômés en ont fait au moins un. C’est dire combien cette question nous concerne. Pourtant, dans quelles conditions effectuons-nous ces périodes dites de formation ?

Combien d’entre nous ont touché une rémunération misérable, voire pas de rémunération par rapport au travail fourni ? Combien d’entre nous ont du servir des cafés dans une boîte où tout le monde nous ignorait ? Non rémunérés, non indemnisés, les stagiaires forment une main d’œuvre inépuisable, pris entre injustice collective et impératifs individuels.


Le stage reste un moment important pour nos études. En effet, c’est un premier contact pris avec le monde du travail, un moyen d’appliquer concrètement ce qu’on nous apprend théoriquement sur les bancs de la fac. Pourtant aujourd’hui les stages ne répondent plus à ces enjeux ! Le stagiaire est utilisé par l’entreprise. Des sociétés remplacent un salarié à plein temps par des roulements de stagiaires. Certaines entreprises poussent le vice jusqu'à reposer à 80% sur des stagiaires pour fonctionner. De plus, le temps de travail, la responsabilité assumée et les tâches exercées font voler en éclat l’accord tacite de formation du stagiaire.


Les stagiaires, armée de réserve de l’entreprise, sont utilisés pour développer la concurrence avec les autres employés : ces mécanismes s’inscrivent dans une logique de baisse des coûts et de dévalorisation du travail. La rémunération du stage est laissée au bon vouloir de l’entreprise sans qu’aucune législation ne vienne fixer des règles en la matière. De plus, des exonérations fiscales sont accordées à toutes les entreprises qui emploient un stagiaire à moins de 30% du SMIC. Les stagiaires, armée de réserve de l’entreprise, sont utilisés pour développer la concurrence avec les autres employés, c’est dire à quel point ces mesures sont incitatives !

La situation actuelle des stagiaires découle aussi d’un refus hypocrite des institutions à reconnaître ces problèmes, les écoles et les universités ne défendant pas le droit des stagiaires ! Pour les stagiaires, l’humiliation est aussi psychologique. Face à un échec d’insertion dans le monde du travail, les étudiants sont définitivement bloqués dans un statut d’adolescent face aux entreprises. On assiste à un remplacement des CDD par les stages. Un nombre conséquent d’entreprises profitent du manque de débouchés pour de moins en moins rémunérer les stagiaires, tout en leur demandant d’être aussi productif que les salariés.

Les entreprises profitent d’une manne de main d’œuvre qualifiée, inépuisable et prête a tout pour décrocher un premier travail, même à se faire exploiter.




La réalité est que le fonctionnement actuel mène à un transfert de richesse de l’université, dont on connaît déjà le manque de moyen, vers les entreprises privées.

En fermant les yeux sur les abus répétés des entreprises, sur l’exploitation d’une jeune génération en voie d’insertion professionnelle, le gouvernement cautionne en fait un système qui accentue les inégalités.

 



Il existe pourtant des propositions pour défendre nos droits, et la valeur de nos stages :


1- Inscrire le statut du stagiaire dans le code du travail avec les droits et obligations afférents. La durée du stage doit également être limitée dans le temps. Nous devons faire respecter par les entreprises un délai de carence entre deux stagiaires sur un même poste et instaurer un quota de stagiaires par rapport au nombre de salariés.


2- Faire rentrer le stage dans le cadre légal de la cotisation à la sécurité sociale : Les stagiaires comme les employeurs doivent participer pleinement au fonctionnement du système de protection sociale. Pour permettre au stagiaire de commencer à cotiser pour sa retraite.


3- Exigeons un suivi pédagogique réel : Le stage doit retrouver son caractère pédagogique et favoriser l’insertion des jeunes actifs. Il faut pour cela contrôler l’adéquation du stage avec la formation dispensée, instaurer un tutorat adéquat dans l’entreprise et dans la fac. Evaluer l’apport du stage par rapport à la formation ainsi que la qualité d’accueil et d’encadrement pédagogique.

En soit, créer des ponts entre le monde étudiant et le monde de l’entreprise constitue un intérêt réciproque évident. Mais n’oublions pas que le système universitaire est responsable d’avoir encourager à l’excès la pratique des séjours obligatoires en entreprise, et de ne pas défendre en règle les droits des étudiants. Sous l’effet de la concurrence, de nombreuses filières universitaires se sont lancées à corps perdu dans des politiques de stages à tout va.


4- Exigeons la mise en place d’une rémunération minimum et obligatoire : « Quiconque travail a droit à une rémunération équitable et satisfaisante » art. 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme. La force de travail du stagiaire ne peut continuer à être exploitée.



La proposition de l’Union des étudiants communistes, c’est de créer une loi avec vous, pour les étudiants et l’enseignement supérieur en général :


Le but du processus que nous lançons avec la Loi pour la Réussite dans l’Enseignement Supérieur (LRES) est bien de répondre à la crise que connaissent nos universités.

En cherchant à mieux connaître nos droits a la fac, le système de bourse, les aides au logement,… et en cherchant a mieux connaître les véritables problèmes que nous rencontrons dans notre vie d’étudiant au travers de questionnaires, nous voulons mettre en place un processus d’élaboration d’une loi pour la réussite dans l’enseignement supérieur, qui réponde réellement aux besoins des étudiants.


Il s’agit d’une véritable proposition d’action, ouverte a toute discussion, et pouvant avoir de réelles conséquences sur le système actuel de l’enseignement supérieur.


Nous avons déjà commencé ce travail en constituant six chantiers d’élaboration pour cette Loi :

1- La structuration de l’enseignement supérieur et de l’offre de formation

2- Le système de gouvernance

3- Le système de financement

4- Le système d’aide aux étudiants : conditions de vie et d’étude

5- La citoyenneté a la fac

6- Le lien entre la formation, la qualification assurée par cette formation et l’emploi

par UEC publié dans : Vie étudiante
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